… dévoilée dans l’urgence…
Une décision d’action urgente… sans aucun doute… sans corrélation avec l’entrée des jeunes dans les manifs contre le projet de retraite, bien évidemment, qu’allez-vous chercher là ! MC
Le gouvernement a dévoilé ce mercredi, à la surprise générale, les premières mesures de la réforme des bourses étudiantes. Dès la rentrée 2023, le montant des aides et le barème d’éligibilité aux bourses seront revalorisés, en attendant une évolution plus structurelle.
C’est au lendemain d’une mobilisation importante des jeunes contre la réforme des retraites que le gouvernement a finalement dévoilé les premières mesures de la très attendue réforme des bourses. Réclamée de longue date par les associations, cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron avait débouché début octobre sur une concertation nationale.
Une revalorisation de 37 euros par mois
Le ministère de ,l’Enseignement supérieur a donc décidé de mettre sur la table 500 millions d’euros supplémentaires pour revaloriser le système de bourses et améliorer leur accès au logement et à la restauration. « C’est un effort historique depuis au moins les dix dernières années voire plus », a insisté mercredi la ministre Sylvie Retailleau. Dès la rentrée 2023, le barème d’éligibilité aux bourses, qui n’a pas été revu depuis 2013, sera revalorisé de 6 %. Cela permettra à 35 000 étudiants « issus des classes moyennes » de devenir boursiers et à 140 000 boursiers actuels de basculer à un échelon supérieur. Tous les boursiers bénéficieront également d’une revalorisation de 37 euros par mois. Ce montant a été calculé pour représenter une augmentation « à hauteur de l’inflation » (6,2 %) pour l’échelon 7 (qui concerne les étudiants les plus précaires, 8,1 % des boursiers en 2021-2022). Le montant sur 10 mois de leur bourse passera ainsi de 5 965 euros sur l’année universitaire 2022-2023 à 6 335 euros sur l’année universitaire 2023-2024. Pour le premier échelon de bourse, l’échelon 0 bis (31 % des étudiants boursiers cette année), l’augmentation sera de 34 %. Le montant total sur 10 mois de leur bourse évaluera ainsi de 1 084 euros à 1 454 euros.
La ministre a justifié le choix de cette hausse uniforme à tous les étudiants boursiers par le fait que cela « permet d’apporter une augmentation plus conséquente à l’ensemble des étudiants ». « Un étudiant à l’échelon 0 bis peut passer de tout à rien. Quand il n’est pas boursier, il doit payer les frais d’inscription, la contribution à la vie étudiante et de campus…. » a-t-elle également rappelé.
Autre annonce du gouvernement, les tarifs des restaurants universitaires, fixés à un euro pour les étudiants boursiers et précaires et à 3,30 euros pour les étudiants non-boursiers, seront pérennisés à la rentrée prochaine.
Des effets de seuil neutralisés Enfin, le ministère a annoncé « la neutralisation des effets de seuil ». Aujourd’hui, si le revenu des parents augmente légèrement d’une année sur l’autre, l’étudiant boursier peut changer d’échelon et voir le montant de son aide diminuer considérablement. Avec cette mesure, « aucun étudiant ne verra sa bourse diminuer d’un montant supérieur à l’augmentation de revenus de ses parents », souligne Sylvie Retailleau. Cette première étape doit être suivie d’une suppression définitive des effets de seuil dans le cadre du second volet de la réforme, qui porte sur une « évolution plus structurelle du modèle de bourse ».
La territorialisation des aides ou encore une possible aide universelle d’un montant minimum équivalent au seuil de pauvreté devraient être discutées rapidement, pour une présentation d’ici l’été. L’application n’interviendrait qu’à la rentrée 2024 ou 2025.
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Un coup de pouce qui tombe bien ?
Ne pas chercher l’opportunisme partout ! l’annonce de la revalorisation du montant des bourses étudiantes n’a rien à voir avec le fait que les cortèges de la réforme des retraites aient été un peu grossis par des contingents d’étudiants. « L’annonce est liée au calendrier. Nous sommes dans la période de la constitution des dossiers et c’est toujours à cette époque de l’année que sont décidées les éventuelles augmentations », précise un conseiller de l’exécutif.
Mais parfois, il vaut mieux avoir une bonne nouvelle à annoncer en direction de la jeunesse que le contraire. L’annonce de la généralisation du SNU (Service national universel) pour les jeunes dès 16 ans tarde. Et selon une information de L’Opinion, le SNU pourrait ne pas être rendu obligatoire pour ne pas mettre de l’huile sur le feu…
Par contre, contrairement au SNU qui ne fait pas l’unanimité, aucun groupe parlementaire ne se plaindra de ce coup de pouce financier pour les étudiants et leur famille.
Cyrielle Thevenin. Le Dauphiné Libéré. 30/03/2023
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Pour Etienne Matignon Étudiant à Paris Est-Créteil, président de la Fédération des associations générales étudiantes
37 euros de plus par mois, est-ce suffisant face à l’inflation ?
« Non. L’inflation globale est de 6,2 %, et c’est bien l’augmentation minimale qu’auront les boursiers. Mais les postes de dépenses des étudiants sont assez basiques, et sur l’alimentation, l’inflation est de 15 %. Ces mesures ne vont donc pas résoudre la précarité étudiante, mais elles sont assez massives pour s’en féliciter.»
37 euros pour tous, c’est en proportion moins pour les plus modestes ?
« Oui, on avantage les classes moyennes. Mais les études le montrent : quand on regarde le système global d’aide à l’étudiant – les bourses, les autres aides sociales et la demi-part fiscale pour les parents-, les étudiants des classes moyennes basses sont ceux qui sont le moins aidés. Et ces échelons les plus bas sont ceux où il a y a le plus de boursiers ».
Modifier le montant des bourses selon les régions, comme l’envisage le gouvernement, c’est une bonne idée ?
« Elle doit être mise sur la table, car on sait bien que le coût de la vie dans la région parisienne n’est pas le même qu’à Pau. C’est aussi tout le sujet de l’individualisation de l’aide sociale, qui passe par la territorialisation, mais aussi par une aide moins familiarisée, davantage dépendante des revenus de l’étudiant. Et la solidarité doit être nationale, pas familiale : c’est à l’État de soutenir les étudiants dans leurs études, qu’ils viennent d’une famille pauvre ou riche ».
L’annonce est faite en pleine bataille des retraites, avec un fort engagement des étudiants. Ça va vous dissuader de manifester ?
« Si le gouvernement pensait nous démobiliser en nous contentant, non : ces annonces ne vont pas abolir la précarité étudiante. Nous appelons donc les jeunes à continuer de se mobiliser pour une réforme structurelle des bourses, et contre la réforme des retraites.»
Propos recueillis par. Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré. 30/03/2023
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« Une avancée significative » pour les élèves de Lorraine
« Au total, on est sur une enveloppe de 500 millions d’euros supplémentaires, c’est la plus forte hausse budgétaire depuis la création des bourses sur critères sociaux. C’est une avancée significative pour les étudiants ». Première réaction à chaud d’Arthur Mely, le président de la Fédération des étudiants de Lorraine. Dix ans qu’elle a été créée, avec elle, une épicerie solidaire à Nancy puis quelques années plus tard, une autre sur le campus du Saulcy, l’AgoraE où les étudiants les plus précaires viennent faire leurs courses à mini-prix.
Effets de seuil
Arthur Mely a quelques chiffres en tête : ces 1 200 étudiants aujourd’hui inscrits qui viennent chercher qui de la nourriture, qui des protections périodiques, qui une visite guidée en ville. « Lorsque nous avons ouvert ces épiceries et services, c’était du provisoire. Il y a dix ans, ça concernait 30 à 40 étudiants à peine ; aujourd’hui nous sommes toujours là, malheureusement. Et depuis le premier début de mandat d’Emmanuel Macron, nous attendions des avancées, c’était dans son programme… »
L’effort du gouvernement est donc salué ici, mais « on regrette que la fin des effets de seuil du système ne fasse que partiellement partie de cette étape », explique Arthur Mely. « Ces seuils prennent en compte ce que gagnent les parents. Donc d’un échelon à l’autre, des étudiants peuvent recevoir une bourse moindre. Tout cela ne prend pas en compte les ruptures familiales et donc les étudiants qui se débrouillent tout seuls. Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, un étudiant sur deux est obligé de se salarier pour payer ses études et on sait l’impact de 14 heures dé travail par semaine sur la réussite. »
Article signé des initiales S.-G.S. Le Dauphiné Libéré. 30/03/2023
Je suis jeune, je suis étudiant, me voilà riche, je suis content !
Comme avec tous les articles, Christine, l’information a tirer de sa lecture, doit être multiple. Il y a l’annonce, ce qu’entend dire l’annonce, les raisons de cette annonce, la portée de l’annonce et le dernier questionnement en attente, est-ce que cela répond aux besoins réels ?
Amitiés
Michel
Bien vu !
Il faudrait aussi encadrer les loyer des logements pour les étudiants et donner plus de moyens au crous