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Il semblerait facile de tourner la page sur un passé récent après ces « fastueux » et « démonstratifs » hommages à un président de la république…

… pourtant, la situation de la France, des Français étaient en tout point similaire à la société qui nous est présentée aujourd’hui par notre locataire temporaire de l’Élysée.

Chacun jugera comme il le voudra les propos que nous tenons, le choix des caricatures que vous trouverez ci-après, morbides, injustifiées, irrévérencieuses, etc. pourtant elles reflètent exactement la vie de Jacques Chirac et la société de cette époque. Cela vous permettra certainement de voir de nombreuses similitudes avec les positions actuelles du gouvernement en place.


Dessin de Cabu pour Le Canard enchainé du 02/10/2019
Dessin de Cabu pour Charlie Hebdo N° 419
Dessin de Cabu pour Le Canard enchainé du 02/10/2019

Spectres à l’Hôtel de Ville

Jusqu’en 1995, des dizaines de salariés, recrutés et payés par la Mairie de Paris, bossent en réalité au siège du RPR ou dans les permanences corréziennes du candidat Chirac.

Doublement mouillé (en tant que secrétaire général du RPR et adjoint aux finances du maire de Paris), Alain Juppé doit porter le chapeau.

En 2004, il écope de 14 mois de prison avec sursis et de 1 an d’inéligibilité.

Chirac n’est pas sorti d’affaire pour autant : les juges lui reprochent 28 emplois fictifs. En 2011, après une instruction gelée par son immunité présidentielle, il est condamné à 2 ans de prison avec sursis (une première pour un ex-chef de l’Etat).

Les juges avaient estimé le préjudice à 6 millions d’euros. Delanoë, nouveau maire de Paris, n’osera en réclamer que 2,2 millions. Chirac casquera 550 000 euros, et l’UMP de Sarkozy, successeur du RPR, paiera la différence.


Dessin de Coco pour Charlie Hebdo N° 419
Dessin de Juin pour Charlie Hebdo N° 419
Dessin de Juin pour Charlie Hebdo N° 419

Chirac et « Le Canard »Chirac l’humaniste, Chirac l’écolo, Chirac l’infatigable travailleur, Chirac l’homme aux convictions bien ancrées… A défaut de Chirac l’honnête homme, c’est Chirac le sympa qui revient le plus souvent dans l’interminable liste d’éloges.

Certains de ses proches ont pu très vite tester sa sympathie. Après avoir lâché Chaban-Delmas — qui appartenait à son propre camp afin de rallier Giscard en 1974, après avoir planté. Giscard pour soutenir clandestinement Mitterrand en 1981,1e futur chef de l’Etat s’est élégamment occupé de son vieux compère Charles Pasqua à la veille de la présidentielle de 2002.

Des investigations judiciaires lancées en 2001— sur les conseils intéressés de l’Elysée — ont abouti à la mise en examen de ce dernier dans l’affaire de l’Angolagate (financement occulte) et l’ont empêché de présenter sa candidature. Chirac, qui s’estimait persécuté par les magistrats, savait parfois s’en servir pour soigner ses rivaux…

Chichi le sympa n’était guère tourmenté par la reconnaissance du ventre.

Michel Roussin, son dircab à la Mairie de Paris, en sait quelque chose : mis en examen, brièvement incarcéré en 2000, puis condamné pour corruption, l’ancien militaire a payé cher — et un peu seul les facéties financières de son ex-patron. Tout comme un certain Alain Juppé, qui sera condamné pour les emplois fictifs du RPR.

Chirac avait autant d’appétit pour l’argent liquide que pour la choucroute garnie. C’était même un champion du genre à une époque où les lois sur le financement des partis politiques ressemblaient à des passoires. Souvent, les journalistes ont pu le voir exhiber des liasses de gros billets pour régler des achats ou offrir des présents à des confrères qui l’accompagnaient dans ses voyages.

Leur provenance ? Un imposant coffre-fort que Chichi avait planqué… dans les toilettes attenantes à son bureau de maire. Plusieurs témoins ont décrit au Volatile ce coffre débordant de liasses de 500 francs.

Cet océan de liquide et la valse des mallettes n’ont pas altéré le sens de l’économie de Jacques et de Bernadette, qui ont vécu depuis les années 60 dans les ors de la République et à ses frais. En quarante-deux ans de vie politique, le couple n’aura quasiment rien déboursé en loyer, en frais de transport ou en nourriture…

Cette situation de « grande dépendance », comme on dit dans les bureaux d’aide sociale, a perduré longtemps après son départ du palais de l’Elysée, grâce à la charité bien ordonnée des milliardaires Pinault et Hariri, eux aussi sensibles, sûrement, à son côté « sympa ».

Alain Guédé et Hervé Liffran – Le Canard enchainé -02 Oct 2019