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La direction a gardé sous le coude des tests positifs et la salmonelle.

[Une inspection de routine avait été pratiquée en septembre 2017, par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) dans l’usine Lactalis sur le site de Celia Craon de la Mayenne, et un rapport conclu qu’il n’y avait rien de particulier à signaler …. – MC]


« Comment les contrôleurs s’y sont-ils pris pour ne détecter en septembre aucune salmonelle, alors que l’on sait aujourd’hui, après enquête, que l’usine était infectée depuis février, au moins ?» s’étrangle un expert en sécurité sanitaire des aliments. Il s’agissait sans doute d’un contrôle à l’aveugle !

Au mois d’août, pourtant, Lactalis Nutrition Santé avait repéré des salmonelles sur du matériel de nettoyage et sur les carrelages. Et rebelote en novembre, deux mois après le compte rendu rassurant des vétérinaires de la Mayenne !

Poudre aux yeux

Lorsque, le 1e décembre, le ministère de la Santé sonne le tocsin, à la suite de la découverte d’un nombre inhabituel de salmonelloses chez des nourrissons ayant consommé du lait Lactalis, les pouvoirs publics ignorent qu’à deux reprises des salmonelles ont été repérées dans les installations.

Le numéro 1 mondial des produits laitiers n’ayant pas l’obligation de communiquer sur ses contrôles internes, il s’est bien gardé d’ébruiter l’affaire…

Le groupe d’enquête nationale des Fraudes qui, le 2 décembre 2017, débarque en Mayenne va alors de surprise en surprise. Quand les agents de Bercy découvrent l’existence du rapport de leurs collègues vétérinaires, ces derniers se font tirer l’oreille pour le leur remettre : selon eux, il est introuvable. Très vite, les enquêteurs notent que l’une des deux colonnes de séchage, où le lait liquide est transformé en poudre, est plombée par les salmonelles.

C’est ce rassurant constat qui conduit, le 10 décembre, au retrait d’une partie des laits infantiles produits depuis le mois de février dans ladite colonne. Au terme d’une passe d’armes entre le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et le patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, ce dernier tente de négocier la période de retrait [qui, heureusement pour la santé et la moralité, restera inchangée….] […]

Une crème de préfet

Le 9 décembre 2017, le préfet de la Mayenne signe un arrêté — qu’il mettra vingt jours à rendre public — ordonnant une fermeture partielle de l’usine. La fabrication des laits pour nourrissons est bloquée. Mais… pas celle des boîtes de céréales. […]


Christophe Labbé – Le Canard Enchaîné – Mercredi 03 janv. 2018


Sur le PDG « bien tranquille » – Emmanuel Besnier : 8e fortune de France selon Forbes, 11,3 Milliard d’€ en Mars 2017.

Ce qui étonne, dans le cas d’Emmanuel Besnier, c’est qu’il prospère dans un domaine qui traverse une profonde crise. Le prix de la tonne du lait est au cœur d’un conflit entre Lactalis et les producteurs du lait, qui accusent le PDG du groupe d’être « le plus mauvais payeur de France« . Le groupe reste cependant le leader européen de la production des produits laitiers et s’implante aussi en Chine et en Asie du sud-est. Présent dans 43 pays, il emploie 75.000 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars

Mais Emmanuel Besnier n’est pas le seul milliardaire du groupe Lactalis. La famille Besnier est la seule à compter trois de ses membres dans ce classement. Son frère Jean-Michel Besnier et sa sœur Marie Besnier Beauvalot sont 14e ex-æquo du classement avec une fortune estimée à 4 milliards de dollars. Ces derniers, avec leur grand frère Emmanuel, possèdent des intérêts en Italie avec Parmalat et les Fromageries Bel, qui produisent Baby Bel, La vache qui rit et Boursin.


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