Bruxelles agacé par les exigences anglaises.

A Bruxelles, tout le monde veut  » aider David «  à obtenir les concessions de ses partenaires qui permettront au premier ministre britannique de faire campagne pour le oui au référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne (UE).

Tout le monde estime qu’un  » Brexit «  serait  » catastrophique « , qu’il signerait  » le début de la désintégration «  de l’UE. Mais quand on gratte un peu le vernis, les critiques surgissent. Les Britanniques sont accusés de rajouter une crise  » dont on se serait bien passés « ,  » au plus mauvais moment « , alors que l’Europe, très mal en point, n’en finit plus de se diviser à cause des migrants.

Beaucoup de diplomates et de fonctionnaires européens déplorent de devoir  » perdre tant de temps «  pour une histoire de  » politique intérieure « , relève un dirigeant européen de haut rang. David Cameron avait promis son référendum, en 2013, pour calmer l’aile eurosceptique de son parti, les Tories.

Certaines concessions sont surtout symboliques. Sur le renoncement – partiel – à la mention  » ever closer union  » ( » union sans cesse plus étroite « ) dans les traités de l’Union, qu’exige Londres,  » on se répète, on surligne, on est dans la tautologie « , souligne un diplomate.

Enfants gâtés A contrario, les  » cadeaux «  jugés sérieux à Cameron inquiètent. Comme la restriction de l’accès aux droits sociaux pour les travailleurs non britanniques. Les critiques relèvent avec amertume  » l’erreur «  commise par Londres, qui avait refusé, lors de l’élargissement de l’Union, de profiter des mesures de restriction à leur marché d’au maximum sept ans alors prévues.

 » A l’époque, à Londres, ils se moquaient de nous, disaient que l’immigration, c’était bien « , soulèvent plusieurs diplomates. (…) Au Parlement européen, les élus sont de plus en plus nombreux à dénoncer une Europe bloquée par la question  » brit  » :  » Tout est gelé, le débat sur le budget de l’Union, sur la directive travailleurs détachés. « 

Surtout, beaucoup considèrent que les Britanniques sont des enfants gâtés de l’Union, qui bénéficient déjà de quatre exceptions notables.

Le Royaume-Uni n’appartient pas :

  • à l’espace de libre circulation Schengen
  • à l’union économique et monétaire.
  • n’a pas ratifié la charte des droits fondamentaux de l’UE,
  • en juillet 2013, a exercé la possibilité que lui offre le traité de Lisbonne de se retirer de 133 instruments de coopération dans le domaine de la police et de la justice pénale (il en a finalement retenu une trentaine).
  • Londres bénéficie aussi d’un traitement particulier concernant sa contribution au budget de l’Union, un  » rabais « , en vigueur depuis 1984, au motif que le Royaume-Uni bénéficie moins que d’autres pays de la politique agricole commune.

Ducourtieux Cécile, Le Monde (extrait) – Titre original « « Brexit » : Bruxelles s’agace d’une crise inutile » Source

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