« Braquage de malades en cours »

Trouver et supprimer « des niches » dispendieuses dans la gestion de la Sécu nous semble louable mais lorsque certains malades sont impactés…

… le collectif Cancer Colère a dénoncé le 12 novembre 2025, devant l’Assemblée nationale, la baisse du budget de la Sécurité sociale, qui accablera davantage les patients.

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Noz, 43 ans, a sauté dans un train Lyon-Paris à l’aube pour participer. « Les débats parlementaires se jouant derrière ces murs me mettent profondément en colère, dit-elle. Comment peut-on prétendre que la seule solution pour sauver le budget est de réduire les protections des malades pour nous faire payer davantage ? Pourquoi s’obstinent-ils à refuser de plus taxer les industries polluantes à l’origine des PFAS [des polluants éternels], de l’hexane et des pesticides qui nous empoisonnent ? »

Submergée par l’émotion, l’infirmière de profession laisse glisser ses pupilles vers le ciel pour refréner des larmes ne demandant qu’à sortir. En janvier, l’apparition d’un ganglion l’a alertée : « Je ne trouvais pas de médecin traitant, se souvient-elle. Les investigations ont duré plusieurs mois, jusqu’à ce que le diagnostic tombe cet été : cancer du sang. »

Le traitement l’empêchant de poursuivre son travail, elle perçoit aujourd’hui des indemnisations bien inférieures à son salaire originel. « On me promet que des aides arriveront un jour. Qu’est-ce que cela signifie ? Je ne sais pas combien de temps encore je vivrais. Je ne sais pas si je guérirais. Ce n’est pas demain que j’ai besoin d’aide, c’est aujourd’hui. »

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Morgane, elle, était travailleuse sociale dans une petite boîte parisienne. En juillet 2024, elle a dû arrêter de travailler pour entamer un traitement chimiothérapique contre son cancer du sein. « Malheureusement, j’avais pris le contrat de prévoyance le plus bas, sourit-elle. Comment se douter qu’on aura un cancer à 34 ans ? » Une casquette violette vissée sur la tête, elle s’interroge : « Ces maladies plongent dans une précarité financière et l’État voudrait maintenant alourdir la note. Pourquoi n’avons-nous pas le droit au “Quoi qu’il en coûte” d’Emmanuel Macron ? »

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Le silence édifiant du chef d’État face au vent de révolte, porté il y a quelques mois par des malades du cancer en réaction à la très décriée loi Duplomb, n’a visiblement pas suffi. Voilà que le président et ses ministres envisagent de limiter la progression des dépenses de l’Assurance maladie.


Emmanuel Clévenot. Reporterre. Source – pensez à aider cette assos de journalistes


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