Grokipédia !

Elon Musk veut imposer « sa » vérité

Elon Musk a créé sa propre encyclopédie, Grokipédia, qui utilise l’intelligence artificielle pour proposer des contenus biaisés, favorisant une vision spécifique. Après avoir critiqué Wikipédia en disant qu’elle était « un outil au service du wokisme et de l’extrême gauche », il a décidé de lancer Grokipédia en octobre 2025, affirmant vouloir « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ».
Selon Pierre-Yves Gosset de Framasoft, Wikipédia est un bien commun sans propriétaire, ce que Musk, avec ses croyances libertariennes, ne supporte pas. Wikipédia permet à chacun de contribuer en citant des sources fiables, garantissant une neutralité et une amélioration continue par la communauté.

IA et fachosphère

Grokipédia utilise un modèle différent, générant ses contenus par l’IA Grok, associée à Elon Musk. Cette IA agit comme une boîte noire, s’appuyant sur Wikipédia et d’autres sources, sans explication sur ses choix. Elle est programmé pour refléter les valeurs d’Elon Musk et a été entraînée avec des données de X, ce qui influence sa perspective vers une vision plus à droite, omettant ou déformant certains faits.

Instiller le doute de manière subtile

La discussion souligne que Grokipédia, bien qu’il admette l’origine humaine du dérèglement climatique, relativise le consensus scientifique en déclarant une surestimation de celui-ci. Grokipédia donne une prépondérence aux climatosceptiques tout en présentant des incohérences dans ses arguments et en liant des sources non pertinentes.

Les mêmes critiques climatorassuristes

Si l’on consulte la page du Giec, on constate la même idée. Gerhard Krinner répond que cette affirmation est fausse : « La fourchette de réchauffement a été réduite de moitié dans les derniers rapports du Giec, et les climatologues s’accordent sur un réchauffement d’environ 3 °C. »
Grokipédia ne cite pas ses sources fidèlement.
Par exemple, il prétend que la Clintel (Climate Intelligence Foundation) est un groupe d’évaluation indépendant. Gerhard Krinner conteste cela : « C’est une organisation climatosceptique qui a publié un manifeste signé par des personnes sans lien avec le climat, concluant qu’il n’y a pas d’urgence climatique ! »
Il cite souvent Bjørn Lomborg, statisticien danois, qui minimise les effets du dérèglement climatique, affirmant que ce n’est pas une menace existentielle.

Des omissions répétées

Grokipédia présente des informations parcellaires, selon Pierre-Yves Gosset de Framasoft, Grokipédia illustre la stratégie d’Elon Musk de diviser les internautes et dénote un danger pour l’avenir des communs numériques.
En parasitant Wikipédia, Grokipédia pourrait affaiblir sa pertinence en attirant ceux qui ne participent pas au processus de vérification. Gosset met en garde contre une privatisation croissante du savoir numérique, suggérant que d’autres entreprises pourraient suivre le même modèle.

Deux visions du monde s’affrontent ici : celle de la coconstruction et celle façonnée par les patrons de la tech. « Dans l’ère de la post-vérité que nous traversons, on ne sait plus quoi croire, on finit par douter de tout, cela devient de plus en plus difficile de se faire une opinion, ce qui nous emmène droit vers le fascisme », dit Jean-Yves Gosset, en reprenant l’idée développée par la politologue Hannah Arendt.


Synthése d’un article signé Jeanne Cassard. Source


Une réflexion sur “Grokipédia !

  1. bernarddominik 13/11/2025 / 12h29

    Avec les 1000 milliards que lui ont octroyé les actionnaires de Tesla il va pouvoir crever le mur du çon

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