… à la recherche de gros investissements
La ligne des Hirondelles entre Dole et Saint-Claude (Jura), Clamecy-Corbigny dans le Morvan… De nombreuses petites lignes du réseau ferroviaire français sont en sursis, faute de travaux conséquents. Dans un rapport publié ce lundi, l’ONG Oxfam France, avec l’Alliance écologique et sociale, Sud Rail et La Déroute des Routes, alerte sur l’état du réseau dans les dessertes locales. L’heure est grave : un sixième du réseau ferré français est en fin de vie, et 10 000 km de voies — soit un tiers — sont menacés de disparition d’ici dix ans.
Ce constat d’urgence fait l’unanimité dans le monde ferroviaire. Pour preuve, ces dernières années, le PDG de la SNCF Jean-Pierre. Farandou (désormais ministre du Travail) n’a pas cessé de réclamer une augmentation d’1,5 milliard d’euros du budget annuel pour l’entretien du réseau, afin de stopper son vieillissement. Oxfam va plus loin et demande une rallonge de 3 milliards par an, « pour renforcer et moderniser le réseau ferroviaire du quotidien, en priorité dans les territoires mal desservis ». « L’état moyen des lignes de desserte fine du territoire s’est fortement dégradé du fait d’un sous-investissement », constate aussi un récent rapport parlementaire, réalisé par les députés Olga Givernet (Renaissance) et Bérenger Cernon (LFI).
Pourtant, ces lignes — environ 7000 km qui représentent 10 % du trafic de voyageurs — soulèvent des enjeux écologiques, économiques et sociaux. « Il y a une précarité de mobilité, juge Selma Huart, chargée de plaidoyer à Oxfam France. La dépendance à la voiture dans les zones rurales et périurbaines est coûteuse ».
10.000 km de voies menacées de disparition
Le rapport relève que chaque voiture coûte en moyenne près de 5900 euros par an à son propriétaire (achat, maintenance, carburant, assurance, etc.). Un coût qui impacte particulièrement les ménages modestes, notamment quand il y a plusieurs véhicules dans le foyer : 20 % de leurs revenus sont consacrés aux déplacements, contre 14 % pour la moyenne des Français.
Un territoire qui meurt
Les régions, seules à financer ces lignes, se retrouvent en première ligne face à leur dégradation. Et les collectivités locales sont victimes de coupes drastiques. La baisse des crédits du « fonds vert » pour la transition écologique l’illustre : 650 millions d’euros sont dédiés dans le projet de budget ?026, loin des 2,5 milliards de 2024.
« Quand une ligne ferme, c’est un territoire qui meurt », déplore Julien Troccaz, secrétaire fédéral Sud Rail, qui voit une solution : « De l’argent, il y en a. La coalition La Déroute des Routes a recensé près de 200 projets autoroutiers en cours, pour un coût total de 18 milliards d’euros. Notre demande est de flécher 3 milliards pour le train ». La situation du réseau ferroviaire est connue à la tête de l’État.
L’ancien Premier ministre François Bayrou avait lancé au printemps une conférence pour le financement des mobilités. Sébastien Lecornu a pris la suite, en annonçant mercredi, au Sénat, une « loi-cadre qui permettra de flécher les recettes des futures concessions autoroutières vers le développement de nouvelles infrastructures notamment ferroviaires. La question de la desserte des territoires est capitale pour éviter qu’un sentiment de relégation ne se développe davantage chez des millions de nos concitoyens ».
Arthur Salaire. Dauphiné 20/10/2025
Je ne comprend pas pourquoi Farandou a préféré donner 1,5 milliards de dividendes aux actionnaires de la SNCF plutôt que les affecter à la rénovation des voies. Surprenants ces pdg-ministres qui font le contraire de ce qu’ils prétendent vouloir. En France personne ne demande à la SNCF (qui nous appartient ne l’oublions pas) de faire du bénéfice. Et il serait temps, aussi, de faire payer à Renfe et à Trenitalia leur part d’entretien des rails qu’ils utilisent.