Que restera-t-il de son passage ?

« Avec moi vous allez voir, ce que vous allez voir » laissait entendre Bayrou lors de sa nomination.

Bayrou après cet échec cuisant, répondre rien vu n’est pas tout à fait la réalité, si ses mois de premier ministre n’ont pratiquement rien apportés à la population, il a permis à Macron de rester au pouvoir pendant des semaines, voire des mois, juste pour qu’il termine son deuxième mandat. Une gouvernance qui est et restera semblable au premier, marquée par l’accentuation des inégalités, des réformes sociales inadéquates, tout en flattant le grand patronat et nuisant à la crédibilité de l’État français, financière et diplomatique. Plus que l’échec de Bayrou, c’est bien l’échec de Manu des beaux quartiers. MC

Note avant de poursuivre… Il est difficile danalyser l’échec de Bayrou au travers des diverses opinions des politiciens et des journalistes, bien que cherchant à obtenir des informations neutres. Dire que les deux articles ci-dessous clarifient la situation serait inexact, aucun des articles lus dans les quotidiens, vus dans les différents médias et réseaux sociaux (y compris par ce blog, inspirent la neutralité…MC

L’analyse (qui bien évidemment n’engage qu’eux) de deux historiens Jean Garrigues et Christian Delporte (historien, spécialiste d’histoire politique). 

« Finalement, il a gouverné comme ses prédécesseurs, en prenant ses décisions dans une grande solitude », juge Christian Delporte. En effet, les 9 mois passés à Matignon par François Bayrou n’ont pas marqué les esprits par la culture du compromis politique et la réussite des négociations avec l’opposition. « Étonnamment, le Premier ministre François Bayrou n’a pas pratiqué le compromis alors que c’est est une caractéristique de sa famille politique, la démocratie chrétienne, lorsqu’elle a gouverné en Allemagne et en Italie par exemple. »

Dépasser le clivage droite gauche

Rappelons aussi que le président fondateur du Modem a basé toute sa carrière politique sur le dépassement du clivage droite gauche. En 2006, au tout début de la campagne présidentielle de 2007, il déclarait sur un plateau de télévision, « je considère que l’affrontement droite gauche n’a plus de sens, au point de crise où la société est arrivée. […] Je suis pour qu’il y ait un gouvernement d’entente, une majorité nouvelle, une majorité d’entente, capable de dépasser les anciens clivages « droite gauche. »

19 ans plus tard, à la tribune de l’Assemblée nationale lors de son discours de politique générale en janvier dernier, François Bayrou se félicitait que son gouvernement, allant de Bruno Retailleau, futur président des Républicains, à Manuel Valls, ancien Premier ministre de François Hollande, « reflète l’union des grandes sensibilités du pays. »

Quelques concessions aux socialistes pour éviter la censure

A son arrivée à Matignon, l’un des défis de François Bayrou, qui devait négocier la non-censure des députés socialistes, il avait plutôt bien commencé. Au prix de concessions faites au PS, comme l’annulation de la suppression de 4000 postes d’enseignants, une hausse des moyens de l’hôpital public, et l’organisation d’un conclave des partenaires sociaux pour améliorer la réforme des retraites, le Premier ministre réussissait à faire adopter le budget 2025 par 49.3 sans être censuré par une majorité de députés. 

Pour l’historien Christian Delporte, « ces concessions n’étaient que ponctuelles, mais ne marquaient pas un changement de méthode, en utilisant le 49.3. Au lieu de jouer sur l’immobilisme et une grande perte de temps, il aurait dû montrer dès le début sa volonté de gouverner autrement, ce qu’il n’a pas fait. »

L’échec du conclave sur les retraites

« Lors du conclave sur les retraites, il a très vite rajouté comme ligne rouge : il n’y aura pas de retour à l’âge légal de départ à 62 ans. Ce qui a gelé les négociations entre les syndicats et le patronat », explique Jean Garrigues. Côté syndicats, la CGT et Force Ouvrière, ont quitté la table de la négociation très tôt, tout comme l’Union des entreprises de proximité, côté patronat. « Plus le temps passait, et moins il y avait à négocier dans ce conclave », note Christian Delporte. « Négocier c’est pouvoir partir d’une feuille blanche. Si vous fixez des tabous, vous placez sous tension les acteurs que vous réunissez. »

Budget 2026 et vote de confiance : « J’ai raison contre tout le monde »

Lors de la préparation du budget 2026, le Premier ministre s’est montré moins ouvert au dialogue que lors du précédent projet de loi de finances publique. « Dès le mois de juillet, François Bayrou a proposé toute une série de mesures budgétaires qui étaient jugées inacceptables par les oppositions, comme la suppression de deux jours fériés », note Jean Garrigues. « Et ensuite il n’a pas négocié comme on l’attendait durant l’été. Il a refusé de négocier avec les socialistes autour de la taxe Zucman (de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros). Il n’a pas pris les chefs de parti d’opposition au téléphone, se retranchant derrière l’excuse qu’ils étaient en vacances. »

Derrière l’échec de François Bayrou à trouver des compromis avec l’opposition, se cache l’échec du macronisme qui promettait en 2017 de dépasser le clivage droite gauche. « Emmanuel Macron n’a pas réussi à faire travailler ensemble la gauche et la droite, il a fait travailler des hommes de gauche et des hommes de droite comme l’avait fait Nicolas Sarkozy à son époque, mais il n’y a jamais eu de dynamique de négociation et de compromis sur les programmes comme c’est le cas en Allemagne entre la droite conservatrice de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD », analyse Jean Garrigues. « Compte tenu de la fragmentation


Alexandre Poussart Public Sénat (lecture original libre) extraits

Avec le départ du gouvernement…

Ces lois qui ne verront pas le jour [et dont aucun média ne parlent].

Le texte sur la fin de vie, pourtant présenté comme un marqueur du second quinquennat d’Emmanuel Macron, et celui de la réforme de l’audiovisuel public ont vu leur examen reporté par la première dissolution. Deux gouvernements et quatorze mois plus tard, ni l’un ni l’autre n’a abouti. Le premier, revu et corrigé par François Bayrou, devait arriver au Sénat le 7 octobre après avoir été adopté à l’Assemblée. Son ou sa successeur conservera-t-il cet agenda ? Ou au contraire, tentera-t-il d’apporter (lui aussi) sa patte en le modifiant, retardant de fait son adoption définitive ?

Quant à la réforme de l’audiovisuel public, elle ne doit sa survie qu’à la détermination de l’actuelle ministre de la Culture. Rejeté à l’Assemblée puis adopté au Sénat, le texte devait revenir devant les députés à l’automne en deuxième lecture. Mais la chute du gouvernement Bayrou et une nouvelle équipe ministérielle dont Rachida Dati serait exclue pourrait bien sonner le glas d’un texte conspué autant par le secteur que par une chambre du Parlement. Enfin, l’avenir de la loi dite Gremillet sur l’avenir énergétique de la France est, lui aussi, en suspens. Rejeté en première lecture à l’Assemblée et adopté au Sénat début juillet, le texte, très attendu par les énergéticiens, devait faire son retour au Palais Bourbon fin septembre.

La Nouvelle-Calédonie. L’accord de Bougival prévoit le report des élections provinciales, censées se tenir d’ici le 30 novembre 2025, à juin 2026. Problème : pour être effectif, ce report doit impérativement être voté sous la forme d’une loi organique avant l’expiration du délai. Le texte était prévu au Sénat le 24 septembre, selon sa rapportrice la sénatrice LR Agnès Canayer. Laquelle ne cache pas son inquiétude : « il y a urgence à l’adopter, car sinon des élections seront organisées en Nouvelle-Calédonie en novembre, sans consensus sur le corps électoral, et l’accord de Bougival en sera grandement fragilisé », insiste-t-elle.

Projet de loi constitutionnelle pour l’autonomie de la Corse qui devait être discuté au Sénat à l’automne est mis en péril la chute du gouvernement Bayrou. Sur le plan calendaire, mais aussi sur le fond. Car si François Bayrou avait choisi de donner le point aux autonomistes et était passé outre certaines recommandations du Conseil d’État, son ou sa successeur(e) pourrait en décider autrement, au risque de (re)bloquer les discussions avec les représentants corses.

Le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, celui sur la restitution des biens culturels, ainsi que celui sur la vie chère dans les Outre-mer. S’y ajoutent le projet de réforme du système judiciaire voulu par Gérald Darmanin, celui sur la fraude sociale portée par sa collègue Catherine Vautrin, un autre sur la protection de l’enfance

Le chantier de la proportionnelle, auquel François Bayrou avait promis de s’atteler dès son arrivée à Matignon.

Qu’en va-t-il en être de la loi sur le vote de municipales pour Paris, Lyon, Marseille ?


Jade Toussay. HuffingtonPost (lecture original libre) Extraits


Que faut-il conclure de ce pataquès… à vrai dire (mais cela ne regarde que moi, bien évidemment), qu’importe le premier ministre-ministrable, c’est en premier lieu de faire adopter par le peuple français une autre constitution (VIe), reporter les élections municipales et les législatives, exiger-accepter la démission de Macron. Il est essentiel de comprendre que ces changements ne sont pas simplement une réaction à la situation actuelle, mais plutôt une nécessité profonde qui pourrait redonner aux citoyens le pouvoir qui leur revient. La France a une longue histoire de révolutions et de mouvements populaires, et peut-être que le 10 septembre sera ce moment décisif où une prise de conscience collective émergera, faisant entendre la voix des citoyens en quête de justice et d’équité. Ce jour-là, la mobilisation massive pourrait non seulement souligner une telle nécessité de changement, mais aussi inspirer un nouveau souffle de démocratie participative. Espoir fait vivre et certains voudraient que cela leur soit accordé, souhaitant un avenir où chacun pourrait participer activement à la prise de décisions cruciales affectant leur vie quotidienne. Une telle transformation, portée par l’élan populaire, pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour la France, où les idées progressistes prendraient le pas sur un système devenu obsolète. MC


Une réflexion sur “Que restera-t-il de son passage ?

  1. bernarddominik 09/09/2025 / 15h32

    Macron n’a pas compris qu’il a perdu les élections. Il espère se maintenir avec des premiers ministres à sa botte. Mais même les sourires ne suffisent pas. Déjà Baurou a réussi à brader l’hydroélectricité des barrages en en concédant 30% au privé, barrage construits avec nos impôts ! Macron va devoir accepter la cohabitation. Pas facile pour ce malade mental.

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