Questions à Manuel Bompard

  • Emmanuel Macron espère que le gouvernement Bayrou tiendra jusqu’en 2027. Et vous ?

« J’espère qu’il va tomber le plus rapidement possible. D’abord parce que la politique qu’il met en place va à l’encontre des besoins fondamentaux du pays. Et puis, le plan présenté par François Bayrou pour le budget 2026 est une véritable saignée. L’année blanche va se traduire par une baisse du pouvoir d’achat pour l’essentiel des Françaises et des Français, sans parler de la suppression des deux jours fériés et la remise en cause de certains remboursements médicaux… »

  • Vous croyez encore à une dissolution de l’Assemblée nationale ?

« Emmanuel Macron ne dispose pas d’une majorité pour approuver le budget. L’hypothèse que le gouvernement soit censuré dans les prochaines semaines est la plus probable. En tout cas, à La France insoumise, nous déposerons une motion de censure dès le premier jour de la session parlementaire. Au fond, je pense qu’on a besoin d’un retour au peuple et aux urnes, que cela passe par une dissolution ou par la démission du président et l’organisation d’une élection anticipée ».

  • La rentrée politique va aussi se dérouler dans la rue, le 10 septembre. Pourquoi LFI soutient-elle le mouvement visant à « tout bloquer » ?

« Il faut une mobilisation tous azimuts. Parlementaire, mais aussi populaire. Un mouvement citoyen a émergé et fixé sa première mobilisation le 10 septembre 2025. C’est notre devoir, si on veut être conséquent dans notre opposition au gouvernement, de soutenir, de se mettre à son service, en respectant le caractère apartisan. Il ne s’agit pas pour nous d’en dicter les modalités d’actions ».

  • Les élections municipales se profilent. Quelle sera votre stratégie ?

« Nous nous préparons pour présenter des listes dans l’essentiel des communes autour d’un programme de rupture. L’idée, c’est de dire qu’on peut faire autrement. On peut par exemple avoir des mesures en faveur du pouvoir d’achat, avec la gratuité des cantines scolaires, ou refuser la privatisation de la gestion de l’eau. Puis, on construit des listes autour de ces marqueurs programmatiques. Parfois, ce seront des listes avec uniquement des membres de LFI, des citoyennes et citoyens. Dans d’autres cas, elles rassembleront d’autres formations politiques. Mais à partir du moment où on est d’accord sur le contenu ».

  • Sur le plan international, que répondez-vous à Benjamin Netanyahou qui a accusé la France et Emmanuel Macron de nourrir l’antisémitisme ?

« C’est inacceptable et extrêmement choquant. Ça fait malheureusement beaucoup de mal à la lutte nécessaire, légitime, fondamentale contre l’antisémitisme, que toute critique de la politique du gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahou, que toute protestation vigoureuse du génocide en cours dans la bande de Gaza, que toute action visant à la reconnaissance de la Palestine soit assimilée à de l’antisémitisme. C’est une manière détestable d’essayer, en quelque sorte, d’empêcher toute critique ».


Propos recueillis par Thibaut Carage. Le Dauphiné. 21/08/2025


Note (tout à fait personnelle) : Tant que le duo Mélenchon-Chikirou tiendra la baraque LFI, la gauche modérée n’aura pas possibilité d’être entendue, écoutée et cette situation perdurera tant que la vision restreinte de cette formation dominera le discours politique.
Est constaté depuis les dernières législatives, les positionnements parfois tyranniques (ou tout au moins inadaptés) envers des événements tant nationaux qu’internationaux — semblent avoir fragilisé dans son électorat leur crédibilité. Je ne pense pas que le groupe LFI pourra acquérir une majorité représentative à l’assemblée, car leur incapacité, leur « involonté » patente à réfréner le dialogue avec d’autres forces de gauche nuit à la construction d’une coalition solide.

En tout cas, je ne voterais pas pour cette formation qui ne présente qu’un intérêt dans son programme, que j’approuve : une nouvelle constitution, mais qui, au-delà de cela, parais manquer de la flexibilité et de l’ouverture d’esprit nécessaires pour engager les débats cruciaux qui jalonneront l’avenir politique de notre pays.
MC


Une réflexion sur “Questions à Manuel Bompard

  1. raannemari 23/08/2025 / 18h09

    « leur incapacité, leur « involonté » patente à réfréner le dialogue avec d’autres forces de gauche nuit à la construction d’une coalition solide. »
    Ce ne serait pas plutôt les autres forces « de gauche, comme les socialistes qui ont trahi la coalition de gauche, en soutenant Bayrou ?

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