Lutte contre l’antisémitisme…

« Le combat du gouvernement français est sans ambiguïté face à l’antisémitisme. Le sujet est trop grave. Il est trop important à mon avis, pour être pris à partie dans des enjeux diplomatiques ». La ministre chargée de la lutte contre les discriminations Aurore Bergé a rétorqué lundi 25/08/2025 sur CNews à la lourde accusation de l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Rushner.

Celui qui est aussi le père du gendre de Donald Trump a fustigé dans une lettre ce qu’il appelle « l’absence d’action suffisante » d’Emmanuel Macron et du gouvernement contre l’antisémitisme en France. Cela lui a valu une convocation en bonne et due forme lundi au quai d’Orsay alors que son administration, à Washington, l’a soutenu.

Des accusations « inacceptables » et qui violent le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, selon le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, qui les « réfute fermement ». Les derniers chiffres vont d’ailleurs dans le sens d’une amélioration.
Le nombre d’actes antisémites a explosé en France dans le sillage des attaques terroristes du 7 octobre 2023, mais une légère baisse est désormais perceptible au vu des derniers chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur. Celui-ci en a recensé 646 entre janvier et juin 2025, soit 27,5 % de moins qu’au premier semestre 2024.

  • Plusieurs incidents cet été

Les tribunaux, en tout cas, répondent. Pas plus tard que ce lundi, un homme de 32 ans qui a tagué plusieurs véhicules de l’inscription « Free Palestine » il y a quelques jours à Châtel (Haute-Savoie), en visant spécifiquement des membres de la communauté juive Loubavitch, a été condamné à seize mois d’emprisonnement, dont huit mois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains. Lors de l’audience, le prévenu s’est défendu d’avoir prémédité son action. Il soutient avoir seulement voulu faire passer un message en faveur de la paix en Palestine.

Ces dernières semaines, la France a été le théâtre de plusieurs incidents visant des Juifs, parfois sous couvert d’opinion politique. Dans les Pyrénées-Orientales, 150 enfants israéliens ont été interdits d’entrée dans un parc d’attractions dont le gérant a été mis en examen pour discrimination. Le 11 août, un contrôleur aérien de l’aéroport de Paris-Charles

de Gaulle a dit « Free Palestine » à l’équipage d’un avion de la compagnie israélienne El Al. Et le 14 août, c’est l’arbre planté à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) en mémoire d’Ilan Halimi qui a été tronçonné.

  • « Vaines polémiques »

Cette montée des actes antisémites n’est toutefois pas propre à la France. L’Espagne est également touchée, avec l’expulsion de touristes israéliens d’une terrasse par un restaurateur de Vigo et la tentative d’incendie d’un établissement casher à Madrid, avant qu’une polémique n’éclate avec l’expulsion d’un groupe d’adolescents français juifs d’un vol Vueling. Et le 4 août, des passagers d’un vol Iberia reliant Buenos Aires à la capitale espagnole ont reçu des plateaux-repas marqués, là encore, de l’inscription « Free Palestine ».

Les accusations de l’ambassadeur seraient-elles le reflet de l’ire de Donald Trump, allié in­défectible de Benjamin Netanyahou, de voir la France reconnaître, le mois prochain, l’État de Palestine ? Il y a quelques jours, le Premier ministre israélien avait accusé Emmanuel Macron « d’alimenter le feu antisémite » avec cette décision, dans un argumentaire qui a été repris par l’ambassadeur américain à Paris. Une attaque que le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, n’avait pas soutenue : « Le combat contre l’antisémitisme doit rassembler et non diviser », a-t-il rappelé, fustigeant de « vaines polémiques ». Dimanche, c’est l’avocat Patrick Klugman, président du comité Yad Va-shem pour la mémoire de la Shoah, qui a répondu à Charles Kushner : « Les pouvoirs publics mènent une action constante, incontestable et résolue contre l’antisémitisme », plaide-t-il.

Le 12 novembre 2023, 182 000 personnes avaient participé dans toute la France à des marches contre l’antisémitisme. L’absence du président de la République avait toutefois été remarquée, et parfois critiquée, même si Emmanuel Macron s’y était associé « par le cœur et par la pensée ».


Aurélien Poivret. Le Dauphiné. 28/08/2025


Une réflexion sur “Lutte contre l’antisémitisme…

  1. bernarddominik 29/08/2025 / 8h26

    Si Macron avait des couilles il aurait déclaré l’ambassadeur personna non gratuit et l’aurait mis dehors.

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