U.E. Automobile. Déclin des constructeurs.

Les signes de la déroute des constructeurs automobiles sont nombreux.

D’abord, la reculade commerciale.
Depuis cinq ans, les ventes de véhicules baissent dans toute l’Europe d’environ 20 %, soit, rien qu’en France, 500 000 voitures neuves en moins par an.
Pourquoi cette désaffection ?
D’abord, le prix des voitures a augmenté fortement. A cause des nouvelles normes imposées par Bruxelles pour augmenter la sécurité des passagers et lutter contre la pollution.
Mais aussi parce que les constructeurs ont délibérément privilégié les modèles les plus chers.
Les classes populaires ne peuvent plus trouver de véhicule neuf adapté à leur budget. Le passage obligatoire à l’électrique, fixé à 2035 par Bruxelles, perturbe aussi les acheteurs : doivent-ils adopter tout de suite la batterie, privilégier les modèles hybrides ou rester avec un moteur polluant ?

Devant ce choix difficile, ils repoussent leurs achats. Les ventes à l’exportation sont aussi en difficulté : les taxes douanières de Trump ferment un marché américain, et le marché chinois, que les Allemands dominaient, est repris en main par les constructeurs locaux comme BYD.

Cela signifie par extension que les puissants sous-traitants français, comme Valeo ou Forvia – des poids lourds de l’emploi et de la recherche –, y perdent à chaque fois des plumes. Globalement, une étude du cabinet Xerfi estime que 20 % des emplois de l’auto disparaîtront en France d’ici à 2035, soit 75 000 jobs en moins !

Mais le pire c’est que les constructeurs européens, à commencer par les allemands les plus prestigieux comme Volkswagen ou Mercedes, sont tombés en deuxième division technologique.

Eux qui se prenaient pour les rois du pétrole et méprisaient aussi bien leurs concurrents asiatiques qu’américains sont dépassés des deux côtés à la fois. C’est en Chine qu’on invente toutes les innovations pour les voitures électriques, que la batterie progresse à pas de géant, mois après mois.

Ce pays a dix ans d’avance technologique, si bien que Luc Chatel, président de La Plateforme automobile qui défend les intérêts des constructeurs français, suggère comme remède d’utiliser les mêmes armes que les Chinois dans le passé. Ils avaient obligé les constructeurs européens à transférer leur technologie et à s’associer avec des industriels locaux, s’ils voulaient vendre en Chine.
Pourquoi ne pas faire la même chose en sens inverse, pour sauver l’industrie européenne ? Trop vexant pour les Allemands qui, pour le moment, s’y refusent.

Un autre défi pour les Européens passe pour le moment sous le radar : leur immense retard sur la voiture autonome. Là, ce sont autant les Chinois que les Américains qui dominent. Waymo, filiale de Google, a accumulé des années d’expérience en faisant rouler ses « taxis robots » dans les rues de San Francisco, Los Angeles, Phoenix et Atlanta.

Les Chinois font la même chose chez eux. Aucun constructeur européen n’a la moindre expérience sur le sujet. Donc, dans quelques années, quand débarqueront sur le Vieux Continent des véhicules à la fois électriques et autonomes, aucun n’aura été conçu sur place.


Claude Soula. Nl Obs. N° 3171. 03/07/2025


Une réflexion sur “U.E. Automobile. Déclin des constructeurs.

  1. bernarddominik 08/07/2025 / 9h17

    Il y a une réalité simple, la voiture électrique n’est pas adaptée à l’habitat urbain à cause des recharges.
    Donc à terme la voiture redeviendra un produit de luxe pour les possesseurs de villas qui peuvent recharger chez eux. Ici à l’est de Marseille le nouveau PLU bloque les constructions en dehors de l’axe desservi par le tramway et les bus à haute fréquence qui sont en cours de finalisation au cœur des vallées.
    Les constructeurs vont devoir s’adapter et certains fermer. Nos économies vont donc se contracter il va falloir imaginer une autre façon de faire travailler les gens, et va se poser la question du surplus, on va donc vers un retour de l’extrême droite qui va expulser en masse pour libérer des emplois.

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