Nucléaire – Iran-France

Un dialogue difficile…

L’Iran a accepté de reprendre les négociations sur son programme nucléaire avec la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Une première rencontre se tiendra vendredi prochain à Istanbul en Turquie, un mois après la fin des frappes israéliennes et américaines qui ont porté un coup sévère aux installations nucléaires iraniennes.

L’Iran réagit sous la pression, car les trois pays européens menacent de rétablir les sanctions qui avaient été levées il y a 10 ans à moins d’un nouvel accord limitant les activités nucléaires de l’Iran.

Ce dispositif de « snap back » est prévu par l’accord sur le nucléaire de 2015 dont les États-Unis sont sortis unilatéralement en 2018 sous le premier mandat de Donald Trump.

La France met aussi dans la balance la libération des touristes français emprisonnés en Iran sur des accusations d’espionnage que la diplomatie française considère comme des otages d’État.

De son côté, l’Iran a affirmé ce lundi qu’il tenait les pays européens pour responsables de l’échec de l’accord de 2015 en leur reprochant notamment de ne pas avoir compensé les sanctions américaines décidées par Donald Trump en 2018.

Pendant ce temps, les négociations avec les États-Unis sont au point mort. L’Iran ne semble pas pressé de reprendre les discussions indirectes qui ont été interrompues par la guerre de 12 jours et l’appui américain aux frappes israéliennes, lancées le 13 juin.

Cessez-le-fen fragile

Cette impasse diplomatique survient alors que la Maison Blanche envisage de rechercher un accord plus large avec Téhéran et que le cessez-le-feu imposé par Donald Trump reste fragile. « Le conflit de juin a instauré une dynamique dangereuse susceptible de déboucher sur des guerres plus importantes à l’avenir », prévient l’International Crisis Group (ICG) dans un document publié ce lundi.

« Il a donné à la République islamique l’occasion de rallier le sentiment populaire derrière la souveraineté et la défense nationale iraniennes », rappelle l’ICG qui souligne que « la diplomatie est le moyen le plus fiable d’empêcher une reprise de la guerre ».

L’ampleur des dégâts infligés au programme nucléaire iranien fait débat. Selon le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (MEA), la reprise de l’enrichissement de l’uranium iranien pourrait ne prendre que quelques mois. « L’Iran pourrait se lancer discrètement dans une course effrénée pour acquérir une arme nucléaire, convaincue que seule une bombe offrira la dissuasion que ses adversaires respecteront », analyse l’International Crisis Group.

Téhéran affirme que son programme nucléaire est exclusivement destiné à un usage civil, même si son niveau d’enrichissement semble attester d’un but militaire. Les États-Unis et Israël continuent d’exiger que l’Iran cesse d’enrichir de l’uranium, y compris à des fins civiles.

Ce désaccord fondamental a paralysé les négociations américano-iraniennes, rappelle l’ICG. « Le meilleur accord possible pour Téhéran est probablement celui qui reconnaîtrait en principe le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium, mais qui limiterait en pratique ce droit à la participation à un futur consortium multilatéral incluant d’autres puissances régionales », préconise l’ONG lundi.


Luc Chaillot. Le Dauphiné.22/07/2025


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