Grave de chez grave et plus encore…

Vivrons-nous bientôt dans un monde techoféodal où même le pouvoir de battre monnaie n’appartiendrait plus aux États, mais aux grands seigneurs des nouvelles technologies ? C’est cet avenir cauchemardesque que s’emploie à façonner Donald Trump avec son Genius Act dont il espère signer le décret d’application dès le mois d’août.

C’est une révolution libertarienne sur le système monétaire mondial qui se prépare : le texte confie aux entreprises privées — et uniquement à elles — le soin d’émettre des cryptomonnaies — des stablecoins — adossées au dollar avec l’intention de conquérir la planète entière. Sous couvert d’être profitables aux consommateurs (dans ce monde, on ne parle plus de citoyens) c’est aussi la dette américaine — bientôt plus de 37 000 milliards de dollars — que Trump espère financer puisque pour accéder au Graal, il faudra qu’Amazon, par exemple, détienne l’équivalent en monnaie fiduciaire ou en bons du trésor US. Au passage, sur ce nouveau marché mondial, régulation et autre fiscalité peuvent aller se rhabiller.

Comme avec la guerre des droits de douane pour ce qui est du commerce international, il ne s’agit pas de mettre à bas le système bancaire pour le mieux, mais d’y substituer un autre encore plus prédateur. Celui des cryptos privées avec lequel Donald Trump a déjà considérablement augmenté sa fortune personnelle tandis que sa loi budgétaire, tout juste adoptée, s’en prend aux plus pauvres, privant à terme 12 millions de personnes supplémentaires de couverture maladie.


Julia Hamlaoui



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