Cela fait plusieurs mois que le dossier est sur son bureau, mais Emmanuel Macron se donne encore l’été pour trancher. À l’heure de s’adresser aux armées dimanche, le chef de l’État n’a finalement pas fait d’annonce sur l’avenir du service militaire. Il le fera « à l’automne » pour « donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir, selon d’autres modalités ».
Au printemps dernier, celui qui est aussi le chef des armées avait demandé au Haut-commissariat au plan de lui présenter les différents scénarios d’un retour du service national, notamment sur le plan financier.
Le résultat avait été révélé par franceinfo : le retour de la conscription coûterait pas moins de 14,5 milliards d’euros chaque année s’il devait concerner les jeunes hommes et les jeunes femmes âgés de 18 à 25 ans (soit 300 000 personnes pour chaque sexe) pour une durée de six mois. Si seuls les garçons devaient être appelés sous les drapeaux, la facture tomberait à 7,2 milliards. Des sommes qui paraissent gigantesques à l’aune du plan d’économies prévues par le gouvernement, que le Premier ministre va présenter mardi.
Le service militaire volontaire à l’honneur
D’autres pistes ont été envisagées, comme une extension du service national universel (SNU) qui existe actuellement, civil et sur la base du volontariat, pour les 15-17 ans — cela reviendrait à 600 millions d’euros annuels. Ou encore celle du service militaire volontaire (SMV), entièrement rattaché aux armées.
Celui-ci compte à cette heure cinq unités réparties sur sept sites en France métropolitaine, notamment Montigny-lès-Metz (Moselle), Châlons-en-Champagne (Marne) et Ambérieu-en-Bugey (Ain), tournés vers la réinsertion.
D’une durée de 8 à 12 mois, sa version actuelle est en effet destinée aux jeunes en difficulté scolaire, à la recherche d’un cadre et d’une formation et réunis sous la devise « Armés pour l’avenir ».
À l’occasion des dix ans de sa création, le SMV a été mis à l’honneur durant le défilé militaire du 14 Juillet, avec soixante-quatorze de ses effectifs qui défileront sur les Champs-Élysées. Sa première décennie d’existence a permis de former 10000 volontaires, dont 15 % ont ensuite rejoint l’armée.
« L’armée de 2030 sera hybride »
Au final, le Haut-commissaire au plan, Clément Beaune, a plaidé pour un service obligatoire mais « hybride » : civil, militaire, ou les deux, au choix.« Hybride », c’est aussi le terme utilisé par le ministre dl la Défense, mais dans un autre sens, tourné vers les réservistes plutôt que vers des conscrits. « L’armée de 2030 sera hybride : une année d’active et de réserve aux compétences durcies », a déclaré Sébastien Lecornu à La Tribune Dimanche. Il faut « accélérer les efforts sur notre réserve », a confirmé Emmanuel Macron.
Au-delà des questions d’argent, la question du retour d’une forme de service militaire obligatoire serait avant tout une question de société, au vu de son impact sur les jeunes Français et leurs familles. Elle pourrait d’ailleurs faire l’objet d’un prochain référendum.
Selon une étude réalisée par Destin commun en mars 2025, plus de six Français sur dix se disent favorables à son rétablissement. Mais ce chiffre masque de profondes disparités d’âges : s’ils sont 72 % des plus de 65 ans à y être favorables, ils ne sont plus que 43 % chez les 18-24 ans — ceux qui seraient directement concernés.
Aurélien Poivret. Dauphiné – 14/07/2025
Les plus de 65 ans ont fait le service militaire de 12 mois, ils sont donc pour son rétablissement, mais la formule de l’époque n’est pas adaptée aux conflits d’aujourd’hui. Il est peu probable que nos frontières soient menacées le vrai danger vient du ciel, ça signifie un saut technologique et donc un effort dans la recherche, et probablement une réorientation du CNRS.
Ce que Trump a fait aux USA et a été très mal expliqué par nos médias.
La jeunesse ne doit pas devenir de la chair à canon pour les fauteurs de guerre et les profits des marchands d’armes.