Armée : Des questions ?

Les conséquences masquées du choix militariste de Macron

Un défilé organisé comme une « vraie opération militaire », selon le gouverneur militaire de Paris, le général Loïc Mizon. Une vitrine pour préparer les esprits à l’engrenage et à l’affrontement. Dimanche [13/07/2025], à l’hôtel de Brienne, devant les armées, le président français a été clair : « Jamais, depuis 1945, la liberté n’avait été si menacée. » Depuis près d’un an, Emmanuel Macron ne cesse de tenir des discours alarmistes et bellicistes. « Sommes-nous capables de résister en cas de conflit de haute intensité sur le sol européen dans les trois à quatre années qui viennent ? » a-t-il faussement lancé. […]

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L’année 2025 marque un tournant. À chaque discours, la menace d’une guerre est agitée par l’Élysée. Cette fuite en avant est justifiée par le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, qui a tenu une conférence de presse – fait rare –, le 10 juillet à la demande du chef de l’État. Il a affirmé que la Russie « constituera une menace avant 2030 ». Même gravité du côté de la DGSE pour tenter de justifier l’escalade militaire.
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Pour affronter la prétendue menace russe, Emmanuel Macron a annoncé une hausse du budget de la défense de 3,5 milliards d’euros en 2026 puis de 3 milliards supplémentaires en 2027. « Une actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) » pour 2024-2030 « sera présentée à l’automne », a également détaillé le chef de l’État. Le budget de la LPM 2024-2030 était déjà de 413 milliards d’euros.
Au total, le budget de la défense aura quasiment doublé en dix ans sous la présidence d’Emmanuel Macron, passant de 32,2 milliards d’euros en 2017 à près de 64 milliards en 2027. Il s’est engagé à atteindre le seuil de 3,5 % du PIB en 2035. Le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, a même évoqué l’objectif de 90 milliards de dépenses militaires annuelles. Enfin, pour parfaire la panoplie militariste, le retour d’un service national militaire pourrait être annoncé en septembre.
Pour parer aux critiques face à une telle débauche financière à des fins funestes, le président a dit « refuser l’endettement » et réclame « l’effort de toute la nation pour la défense de tous les Français (…) les citoyens, les élus, les entreprises ». […]

Un projet de paix à construire

Pour renforcer cette stratégie belliciste, les États membres de l’Otan ont accepté de porter à 5 % du PIB leur budget militaire d’ici à 2035, comme réclamé par Donald Trump, lors du sommet à La Haye, fin juin. Seule l’Espagne a refusé de suivre cette voie mortifère. En Slovénie, le premier ministre Robert Golob a décidé de se tourner vers sa population qui devra trancher sur cette question lors d’un référendum.

L’eurodéputé belge Marc Botenga n’a pas de mots assez durs pour condamner la fuite en avant militariste. « Le projet européen, qui a été souvent cité comme celui de la paix, est mort. Aujourd’hui, sa perspective est clairement militaire. Les financements sont prévus pour faire la guerre. Le social, le droit, la paix : où sont ces valeurs qui sont porteurs d’une vraie alternative ? » a critiqué le dirigeant du Parti du travail, lors de l’université d’été du Parti de la gauche européenne (PGE), qui s’est tenue ce week-end au siège du PCF à Paris.

« Nos citoyens ont-ils mesuré ce que représente les 5 % du PIB entérinés ? Qui va être impacté si ce n’est encore les secteurs clés de la santé, de l’éducation, des services à la personne, des transports ? » constate amère Claudia Haydt, vice-présidente allemande du PGE et responsable de Die Linke.

Lors de sa visite au Royaume-Uni, le président français n’a pas hésité à brandir la menace d’un recours à l’arme nucléaire. « Notre modèle de défense s’articule autour de notre dissuasion nucléaire (…). Il n’existe aucune menace extrême sur l’Europe qui ne susciterait une réponse des deux pays », a-t-il prévenu.

Le géopoliticien David Teurtrie met en garde face à « la gravité de la situation : les puissances anglo-saxonnes tentent de pousser la France dans une confrontation directe avec la Russie et susurrent déjà qu’elle pourrait être nucléaire ! Et le plus grave est qu’Emmanuel Macron reprend cette rhétorique » au risque de précipiter l’Europe dans la guerre.


Vadim Kamenka Gaël De Santis – Extraits.


4 réflexions sur “Armée : Des questions ?

  1. bernarddominik 15/07/2025 / 13h45

    Macron est un mégalomane qui comme Hitler a poussé sa folie jusqu’à sacrifier son pays. Macron est au point de bascule. Pour sauver la France il faut le destituer. J’en viens à souhaiter son assassinat si la destitution n’obtient pas de majorité au parlement.

    • Libres jugements 15/07/2025 / 14h39

      La dernière phrase de ce commentaire Bernard est inacceptable, raison pour laquelle elle est barrée par mes soins.
      En aucun cas l’administrateur [que je suis] ne cautionnera ce genre de propos sur ce blog.
      Michel

  2. rblaplume 15/07/2025 / 15h28

    Attention à ne pas inciter des Citoyennes et Citoyens à franchir des interdits qui ne peuvent que conduire à des tragédies personnelles et collectives !
    Restons lucides et mobilisés.
    On aura besoin de toutes nos énergies dans les semaines et les mous à venir.
    RBLAPLUME

  3. raannemari 15/07/2025 / 19h26

    Nos dirigeants sont-ils devenus cinglés ? A croire qu’ils la souhaitent cette guerre, mais ce ne seront pas eux qui deviendront de la chair à canon.
    Reste à espérer que la population ne se laissera pas gagner par la peur, pour voter « l’union sacrée » de la grande connerie en cours.

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