Pas touche à l’ALD !

L’ALD requiert un suivi pour éviter que des bénéficiaires accèdent au 100% pour des examens non prescrits, et cela nous semble l’évidence lorsque le patient ALD se voit prescrire les médicaments pour un rhume, une crise dentaire ou des courbatures. MC

Inquiétudes portées par rapport de la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) remis au Parlement en juin. Ce document contient 60 propositions d’économies pour 2026. Parmi elles, la suspension du statut d’affection de longue durée (ALD) pour les patients « en situation de guérison ou de rémission de certaines pathologies » [dont le cancer].

Les arbitrages gouvernementaux sont attendus mardi 15 juillet.

Remise en cause du remboursement des cures thermales

Le rapport préconise également de « ne plus permettre la prise en charge à 100 % des prestations ou des produits de santé dont l’efficacité ne justifie pas ce remboursement intégral ».
En ligne de mire : les cures thermales, mises à profit pour soulager les séquelles du cancer.
« Les soins oncologiques de support ne sont pas pris en charge. Certains évitent pourtant le risque de récidive », précise Camille Flavigny.

Une éventuelle réforme de l’ALD fait donc craindre à la Ligue contre le cancer une augmentation des restes à charge, estimés à près de 2000 euros par patient chaque année. Même guéries, 63,5 % des personnes ayant été atteintes d’un cancer souffrent « de lourdes séquelles dégradant durablement leur qualité de vie », selon le centre de lutte contre le cancer Gustave-Roussy de Villejuif.

Caroline, en aspect de rémission depuis le mois de mai, souffre de problèmes de dentition, de vue, de transit intestinal, de mobilité et de troubles de la sexualité. « Sans l’ALD, je ne pourrai plus suivre certains soins », s’inquiète cette femme, aujourd’hui en invalidité. Une préoccupation partagée par Cécile Favré, à qui on a diagnostiqué à ses 16 ans, une tumeur osseuse.

Aujourd’hui âgée de 49 ans, elle est en rémission, mais garde de lourdes séquelles : boitement, douleurs, problèmes de reins et d’audition. Reconnue en ALD depuis trente-trois ans, elle doit faire régulièrement des examens médicaux, non pris en charge à 100 %, en raison des dépassements d’honoraires. « Je travaille quinze heures par semaine et je touche une petite pension d’invalidité. Mon salaire n’est pas énorme. Si on m’enlève l’ALD, vais-je continuer à prendre en main ma santé ou vais-je la laisser un peu de côté afin de pouvoir continuer à vivre décemment ? » se questionne la présidente des Aguerris.

La non-couverture par une complémentaire santé concerne 2,5 millions de personnes en France, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). « Si les restes à charge augmentent pour les patients, cela pourrait induire un transfert vers les complémentaires santé déjà difficilement accessibles pour certains, avec une éviction envisagée des plus vulnérables et une hausse des primes », met en garde Camille Flavigny.

D’autant qu’aux problèmes d’argent pourrait s’ajouter « un parcours administratif encore plus complexe de sortie et retour dans l’ALD en fonction des fluctuations de la maladie » Olivier Carduner a été détecté d’un cancer de la prostate il y a trois ans.

Ayant subi une prostatectomie (ablation chirurgicale de tout ou partie de la prostate), il a rechuté l’année dernière et a dû être traité en radiothérapie. Pour lui, la possible réforme de l’ALD est « aberrante » : « Nos maladies sont chroniques. Même en rémission, il y a de fortes chances de récidive », fulmine le fondateur de Cerhom.


Mathilde Texier. L’Humanité. Source (Extraits)


Une réflexion sur “Pas touche à l’ALD !

  1. bernarddominik 15/07/2025 / 15h25

    Avant de songer à raboter l’ALD Bayrou ferait mieux de revoir les exemptions de charges qui grèvent les comptes de la sécurité sociale.

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