Rapport sur la « menace » des Frères musulmans : à peine examiné, déjà amplement instrumentalisé
Selon le document que l’Agence France Presse (AFP) s’est procuré, le rapport « établit très clairement le caractère antirépublicain et subversif des Frères musulmans » et « propose des moyens pour remédier à cette menace », résume-t-on au sein du palais présidentiel. Le président de la République, donc, comme le premier ministre François Bayrou, les ministres chargés des affaires étrangères, des finances, de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et des sports avaient donc rendez-vous à l’Élysée, à 11 h 30, afin de statuer sur comment lutter contre cet « entrisme ».
Un rendez-vous sur lequel une partie de la classe politique et médiatique tente d’imposer leur récit. Le Journal du dimanche (JDD) et le Point – deux titres qui accompagnent allègrement la fascisation du débat public – ont par exemple sauté sur l’occasion pour saluer la pertinence d’un rapport « choc enfin dévoilé » pour le premier et qui pourrait sonner « la fin de l’angélisme » pour le second.
À l’issue de ce conseil, des mesures seront prises « dont certaines (seront) communiquées » mais d’autres resteront classifiées, a annoncé l’Élysée en amont. « L’une des vocations de ce rapport est de pouvoir sensibiliser l’État sur cette problématique », mais aussi « de faire connaître au grand public, aux élus locaux, la menace et comment elle procède », notamment à l’approche des élections municipales de 2026, affirme le gouvernement. « L’entrisme, c’est du temps long, c’est dissimulé, et c’est un discours qui est très policé de façon officielle », ajoute une source interrogée par le Figaro, qui pointe aussi des « dynamiques caritatives sur le terrain ».
Face au spectre de l’instrumentalisation du rapport à des fins islamophobes, l’Élysée a tenté de préciser son objectif. « Nous sommes tous parfaitement en ligne sur le fait de dire qu’il ne faut pas faire d’amalgame » avec les musulmans car « nous luttons contre l’islamisme et ses dérives radicales », a-t-elle ainsi annoncé. […]
Tom Demars-Granja. Source (courts extraits)
Les « ennuis » de Marine Le Pen, l’affaire Bétharram – Bayrou, la fin de vie, le budget national, les « sorties » de LFI – Mélenchon, le congrès du PS ou le vote au LR, maintenant les « Frères musulmans », voilà qui nourrit les informations diverses et permet l’inexistence des débats autour de la perte de démocratie locale, la désindustrialisation, le chômage, la pauvreté de plus en plus existante dans notre soi-disant beau pays.
Ce dernier, qui prétend être une terre de liberté et d’égalité, semble au contraire s’enliser dans une série de contradictions où les véritables enjeux sociaux et économiques sont éclipsés par des polémiques stériles et des affrontements politiques sans substance. Les préoccupations des citoyens, notamment sur la précarité croissante des conditions de vie, la difficulté d’accès aux services essentiels et les inégalités croissantes, mériteraient d’être mises sur le devant de la scène.
Pourtant, le discours se concentre souvent sur des sujets annexes, détournant l’attention des véritables défis auxquels notre société est confrontée. Dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques et des conflits armés inacceptables, il est alarmant de constater que la France ne dénonce pas réellement ces affreuses et multiples guerres qui continuent d’affecter des millions de vies dans le monde entier. MC
Une réflexion sur “Un rapport « masquant » !”