« Nous recevrons Louis Sarkozy », annonce Alain Marschall le 12 mai au matin sur RMC Story.
Et, quelques heures plus tard : « Ce soir, Louis Sarkozy sera l’invité de BFM », annonce le même Alain Marschall. Le présentateur admet : « Oui, celui que l’on voit beaucoup dans les médias en ce moment. »
En effet.
Deux fois le même jour dans le groupe RMC-BFMTV, après une interview sur BFMTV le 6 mai au surlendemain de sa participation à Quelle époque ! sur France 2. Et après avoir été embauché l’an dernier comme éditorialiste par LCI, chaîne du groupe TF1 dont le propriétaire, Martin Bouygues, est aussi son parrain.
« On vous reproche de vous voir trop souvent, note Olivier Truchot.
— J’accepte les invitations. »
Louis Sarkozy est trop poli pour les refuser.
« Louis Sarkozy vient certes avec son livre sur Napoléon Bonaparte, précise Alain Marschall. Mais on a surtout envie de l’entendre sur ses ambitions. — Vous êtes en campagne électorale ? demande Olivier Truchot.
— Nan, je suis en campagne littéraire.
— Et vous parlez politique.
— Oui, parce qu’on me pose des questions ».
Louis Sarkozy est trop poli pour ne pas y répondre.
« Vous êtes à droite ?
— Oui, je suis à droite. Profondément. » Extrêmement.
L’invité se dit « plus à droite que [son] père », « fan » de Bruno Retailleau, et professe : « Sur le RN, je ne crois pas au cordon sanitaire. » Olivier Truchot avance : « La rumeur vous attend à Menton pour les municipales ». La rumeur précédente l’attendait dans le 8e arrondissement de Paris, mais la droite locale n’en a pas voulu.
« Est-ce que vous serez candidat ?
— La seule chose qui compte pour moi, c’est de vendre mon livre. »
Le soir, Laurent Neumann insiste : « À Menton, on dit que vous allez vous lancer en politique.
— La décision n’est pas prise. La seule chose qui compte pour moi, c’est de vendre mon livre ». Celui dont tout le monde se fiche.
Olivier Truchot est perdu : «On a du mal à vous qualifier.
— Ce que je suis, c’est éditorialiste sur LCI… » Où il relaie des fake news trumpistes.
— «… C’est chroniqueur pour Valeurs actuelles. Je veux participer au débat politique ». Par chance, des médias l’y autorisent.
— « Mon domaine, c’est les relations internationales ».
Où il fait preuve, d’un grand sens de la diplomatie :
— « Si j’étais aux manettes et que l’Algérie arrêtait Boualem Sansal, je brûlerais l’ambassade », a-t-il confié au Monde.
Personne sur RMC Story, BFMTV ou France 2 ne l’interroge sur cette déclaration.
Chacun ses cartes (ou son bracelet)
« Vous avez vécu aux États-Unis, rappelle Olivier Truchot, et pourtant les Français vous connaissent depuis que vous êtes gamin ». D’émouvantes archives de Louis Sarkozy au ministère de l’Intérieur et à l’Élysée sont diffusées. « Vous êtes le fils de Nicolas Sarkozy et votre difficulté sera de trouver votre place.
— Vous voyez la facilité avec laquelle je peux exister dans le monde médiatique, nuance l’invité. Ce qui est important dans la vie, c’est de saisir les opportunités. Je veux vendre mon livre. C’est la seule chose que je veux faire ».
Et participer au débat politique.
— « Dans la vie, on a des avantages, on a des inconvénients, on joue chacun avec nos cartes. »
Tant pis pour ceux qui ne sont pas nés d’un président.
« Ça fait quoi de voir son père avec un bracelet électronique à la cheville ? s’émeut Alain Marschall.
— Je le trouve énergisé par ce combat contre une grande injustice. C’est saint Georges et le dragon. » Saint Sarkozy terrassant la justice. « Ça vous fait souffrir?
— Bien sûr. Mais il est pas du tout affaibli. C’est une source d’énergie pure, cet homme. Dans le combat, les volts augmentent ».
Pas besoin de construire des centrales nucléaires, il suffit de placer Nicolas Sarkozy face à des juges.
Vive la politique de la force !
« Donald Trump, vous l’aimez bien ? s’enquiert Olivier Truchot. — Dis-le que tu l’aimes bien ! supplie l’avocat Charles Consigny. On s’en fout du terrorisme de la gauche. Moi, j’aime Trump !
— Le soir de son élection, sur le plateau de LCI, raconte Louis Sarkozy, je voyais les autres invités tirer la gueule, j’étais ravi. Plutôt pour faire chier l’establishment.»
Auquel l’invité est totalement étranger. « La politique de la force, vouloir faire grandir son pays, j’aime.
- Le faire grandir en colonisant le Canada et le Groenland, par exemple ?
— Sur le Canada, c’est ridicule. Sur le Groenland, y a un vrai intérêt stratégique ».
Qui mérite une annexion.
Louis Sarkozy propose de :
— « couper un peu le gras qui pullule de cette immensité qu’est l’État français »
— « On sent chez vous une fibre libérale extrêmement décomplexée, se pâme Emmanuel Lechypre. J’ai une proposition à vous faire, un formidable défi, bâtir une véritable offre libérale en France. Est-ce que vous connaissez Ayn Rand ? Une grande autrice libertarienne. »
Inspiratrice de Trump.
Oui, l’invité la connaît. Et il vante Javier Milei, le président argentin,
— « un modèle à suivre. En termes de dépense publique, en termes de gangrène socialiste, on peut pas faire pire que l’Argentine et Milei montre qu’un homme peut tout changer ». Au hasard, un Louis Sarkozy
Samuel Gontier. Télérama. N° 3932. 21/05/2025
Ras le bol des « fils de… ».