… les députés adoptent la loi sur la fin de vie.
Trop laxiste pour certains, pas assez permissive pour d’autres, cette avancée, bien que lente, est positive pour certains patients en fin de vie. Toutefois, avant de s’en réjouir, attendons la validation par le Sénat et le retour à l’Assemblée nationale puis sa publication officielle, étape finale « autorisant » officiellement « une fin de vie ». MC
La représentation nationale s’est finalement entendue après des semaines de débats, parfois vifs, souvent apaisés. Par 305 contre 199 les députés ont voté, mardi 27 mai, la proposition créant un droit à l’aide à mourir. La première proposition sur les soins palliatifs a, elle, été adoptée à l’unanimité (560 pour).
Les grandes lignes du texte sur l’aide à mourir établissent cinq « conditions cumulatives »: être majeur, de nationalité française (ou résidant en France de manière stable), atteint d’une « affection grave et incurable qu’elle qu’en soit la cause » en « phase avancée ou terminale », subir « une souffrance physique ou psychologique constante » et pouvoir exprimer sa volonté de façon libre et éclairée.
Un texte qui doit désormais passer au Sénat
Le patient devra s’autoadministrer le produit létal et l’administration par un tiers ne sera autorisée que si la personne est « physiquement incapable d’y procéder ». La demande d’aide à mourir devra en outre être adressée par écrit ou « par tout autre mode d’expression adapté à ses capacités » à un médecin sans lien personnel avec le patient. Le médecin devra informer sur l’état de santé, les alternatives en soins palliatifs et proposer un accompagnement psychologique.
Avant toute prise de décision définitive, un médecin devra convoquer une réunion collégiale qui réunira au moins un spécialiste de la pathologie concernée et un auxiliaire médical impliqué dans le traitement du patient. Cette décision doit être rendue par écrit et oralement, dans un délai de quinze jours après la concertation. Le patient aura ensuite un délai de réflexion obligatoire de deux jours pour qu’il confirme son souhait de mourir.
Chaque médecin sera libre de refuser de pratiquer l’aide à mourir, selon la « clause de conscience ». Enfin, les députés ont décidé d’alourdir la peine prévue pour délit d’entrave à l’aide à mourir, à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Ce texte a franchi une étape importante, mais doit désormais être examiné par le Sénat.
Julie Debray-Wendeling Source (Extraits)
Belgique : 22 ans après, l’euthanasie est « acceptée »
Chez nos voisins belges, cela fait 22 ans que « l’euthanasie » est dépénalisée et désormais bien ancrée dans le paysage wallon comme flamand. En 2024, près de 4 000 personnes ont mis fin à leurjour dans le cadre de cette loi très encadrée : le patient, qui en fait la demande de façon consciente et répétée, doit être atteint d’une maladie grave ou incurable qui lui procure des souffrances insupportables.
Chaque année, la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation enregistre de plus en plus d’actes (+ 16 % entre 2023 et 2024). « Cette augmentation est normale car la loi est de plus en plus connue et l’information est meilleure, souligne sa coprésidente Jacqueline Herremans. Les générations qui ont 80 ans aujourd’hui ont vieilli avec cette possibilité. Aujourd’hui, l’idée est largement acceptée dans la société belge et elle pose très peu de questions ». Selon le généraliste bruxellois Yves de Locht, « 60 à 70 % des médecins belges acceptent de pratiquer une euthanasie ». Lui en réalise jusqu’à deux fois par mois. « La première fois que je l’ai fait, il y a une douzaine d’années, c’était un choc émotionnel important, se souvient-il. C’est tout à fait autre chose que de soigner une angine. Il y a les réactions des familles, les pleurs… Mais à la fin, j’avais libéré la personne de sa souffrance, ça permet d’atténuer l’émotion ». Le médecin connaît nombre de confrères qui n’ont pas été plus loin que cette première fois. Pour le praticien, il est donc d’autant plus crucial que cet acte « important » soit réalisé « par un professionnel », contrairement à l’orientation que prend la loi française de l’auto-administration.
« L’intime conviction de rendre service aux gens »
François Damas, chef du service des soins intensifs de l’hôpital Citadelle de Liège, a mis du temps à s’y faire. Et pas tant à cause de la charge émotionnelle qui va avec : « J’étais contre au début car je pensais que les médecins n’avaient pas besoin de lois intempestives, relate-t-il. Mais je n’avais pas été confronté à des problèmes sérieux. » Comme son confrère, François Damas a acquis « l’intime conviction de rendre vraiment service aux gens ». Les cas de souffrances psychiatriques sont en revanche « beaucoup plus compliqués » à gérer pour les deux médecins. « J’ai des coups de téléphone tous les jours de personnes dépressives, explique Yves de Locht, qui rappelle que l’avis de deux à trois psychiatres est nécessaire dans de tels scénarios. En général, je refuse les cas de dépression ». François Damas, qui anime une consultation sur la fin de vie à Liège, reçoit aussi « beaucoup de gens déprimés qui veulent mourir ». « Je leur dis que les souffrances psychiques doivent être intenses et insoutenables et qu’elles doivent d’abord suivre tous les traitements susceptibles d’être efficaces », raconte le chef hospitalier. « Ces cas représentent un très faible pourcentage des euthanasies en Belgique, et ça ne peut pas se faire pour une rupture sentimentale ou un burn-out », précise la coprésidente de la Commission de contrôle. Du côté des patients, certains ne vont pas au bout du processus. « Sur dix parcours lancés, il y en a un ou deux qui aboutissent, détaille le médecin de Liège. C’est un cheminement, Les gens se rendent compte parfois que ce qu’ils traversent n’est pas aussi pénible que ce qu’ils pensaient. Parfois, juste le fait d’en parler et de savoir que c’est possible leur suffit. En revanche, c’est rare que quelqu’un fixe une date et change d’avis au dernier moment ».
Dans leurs cabinets, François Damas et Yves de Locht voient défiler un paquet de Français candidats à l’euthanasie (106 en ont bénéficié en 2024). « Beaucoup de médecins et d’hôpitaux les refusent, souligne le médecin bruxellois. On ne s’enrichit pas du tout avec ce flux, cela nous prend du temps. On ne demande que ça que la France se dote d’une loi… »
M.L.D. Le Dauphiné Libéré. 27/05/2025
La France pays soit disant laïque est encore dirigée par des calotins dirigés du Vatican. Bayrou et Neuder (ministre de la santé) en sont l’illustration.
« La vie ne vaut pas la peine d’être vécue jusqu’au bout de l’enfer. » Anne Bert
Un très beau documentaire : « Les mots de la fin » https://www.youtube.com/watch?v=mx2C58DR8r4