Enfin un régime pour les artistes-auteurs ?

Fini la précarité ?

Les artistes-auteurs pourraient bientôt jouir des mêmes droits que les autres travailleurs du secteur culturel. Le terme recouvre un vaste champ d’activités artistiques indépendantes, allant des arts plastiques (sculpture, peinture, installation, photographie, etc.) jusqu’au secteur créatif au sens large (graphisme, illustration, traduction, écriture, etc.). Autant de professions caractérisées par des revenus fluctuant d’une année à l’autre. Ces personnes pourraient d’ici peu bénéficier, entre deux phases d’emploi, d’une indemnisation en continu, de la même manière que les intermittents du spectacle.

Une idée portée par la sénatrice Monique de Marco (EELV), ressuscitant une proposition de loi mise de côté depuis la fin du mandat du député Pierre Dharréville, en 2024, et finalement déposée le 21 mai devant le Sénat.

La loi pourrait assurer une indemnité minimale fixée à 85 % du smic mensuel (soit environ 1 212 euros net) aux artistes-auteurs justifiant d’au moins trois cents heures de travail annuelles. La sénatrice est convaincue que sa proposition va aboutir. « Au Sénat et à l’Assemblée nationale, nos soutiens sont transpartisans, explique-t-elle. La rémunération des artistes contribuant à l’exception culturelle française est un sujet sensible. Et le financement que nous proposons est jugé crédible par beaucoup. » Ainsi les diffuseurs des artistes-auteurs (musées, centres culturels, éditeurs) seront-ils invités à cotiser pour eux au-delà du faible taux actuel, fixé à 1,1% — le chiffre de 5,15% est évoqué. En comparaison, les cotisations des entreprises du spectacle vivant sont de 46% du salaire brut pour les intermittents. Et l’on croirait presque entendre, au loin, les artistes-auteurs soupirer « enfin »…


Rémi Guezodje. Télérama. N° 3933. 28/05/2025


Une réflexion sur “Enfin un régime pour les artistes-auteurs ?

  1. bernarddominik 30/05/2025 / 16h17

    La vraie question est « qui va payer? ». Dans cette profession 90% des revenus sont au noir. Non déclarés sans charges sociales sans impôts. Donc on va encore pomper sur les cotisations salariales pour les payer, ça va augmenter le déficit de la caisse du chômage et ça va entraîner une baisse des indemnités chômage. Encore une idée débile de EELV qui se distingue par son incompétence, à voir la gestion catastrophique des villes de Lyon et Grenoble.

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