… risque d’extension, mensonges stratégiques, d’intentions… Face à l’Otan absent, certains de l’UE entendraient « contribuer » à la fin du conflit, en armant l’Ukraine.
Volodymyr Zelensky a rencontrer le nouveau chancelier, Friedrich Merz (CDU), qui a annoncer que son gouvernement levait toute « limitation de la portée des armes livrées ».
Cette décision concerne les missiles Taurus, qui dépassent les 500 kilomètres. « Cela signifie que l’Ukraine peut désormais se défendre, par exemple en attaquant des positions militaires en Russie, (…) ce qu’elle ne faisait pas, il y a peu, à des exceptions près. Elle peut le faire maintenant », a lancé lundi le dirigeant allemand sur la chaîne de télévision publique WDR.
Sur le terrain, selon plusieurs observateurs, l’effet de cette décision sera limité puisque la zone la plus active du front se situe près de la ville de Pokrovsk, dans la région de Donetsk. « Sa prise est considérée comme l’objectif principal de Moscou, qui se rapprocherait du contrôle total de la région. La campagne estivale russe vise à atteindre les abords des agglomérations de Sloviansk, Kramatorsk, Droujkivka et Kostiantynivka pour un assaut ultérieur », note le quotidien russe Novaya Gazeta.
- Après trois années d’invasion et une nouvelle offensive russe, la décision allemande peut-elle peser ?
Le spécialiste des questions militaires Stéphane Audrand, historien et officier de réserve, estime sur X : « En termes de frappes, ce missile permettra (par exemple, peut-être) à l’Ukraine de frapper des postes de commandement (PC) pour « gripper » la machine de guerre russe. Encore faut-il des données de ciblage précises et actuelles, les PC russes ayant appris à bouger souvent… Ou alors de frapper les ponts cruciaux pour la manœuvre logistique russe. Le choix de l’approche de ciblage dépend forcément de l’effet recherché sur les forces russes, en fonction des faiblesses identifiées. C’est un processus complexe et délicat. »
Friedrich Merz s’est même avancé en évoquant que les États-Unis, pour les missiles « ATACMS », le Royaume-Uni, avec ses Storm Shadow, et la France, avec les « Scalp », lèveraient aussi les limitations de portée.
Seulement aucun des pays concernés n’a pour l’instant confirmé cette évolution, qui impliquerait une cobelligérance. […]
En novembre dernier, le même cas de figure avait eu lieu après la victoire de Donald Trump à la présidentielle. Le dirigeant sortant, Joe Biden, avait autorisé Kiev à utiliser les « ATACMS » pour frapper le territoire russe en profondeur. Le Royaume-Uni lui avait emboîté le pas. Deux frappes avaient eu lieu les 19 et le 21 novembre 2024 sur des installations militaires à Briansk, en Russie.
Moscou avait répliqué par le tir d’un missile balistique « à moyenne portée », sur la ville ukrainienne de Dnipro. À l’époque, le général Olivier Kempf avait confirmé que « la frappe semble plus destinée à un signalement à l’égard de l’ouest et une mesure dissuasive contre de nouveaux tirs d’ »ATACMS » qu’à une finalité opérationnelle. De la rhétorique stratégique pure ».
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump s’était toujours opposé à l’envoi de missiles, craignant l’aggravation de la guerre, va-t-il échanger ce positionnement ?
Vadim Kamenka. Source (Extraits)
Poutine est en position de force mais il veut plus pour négocier. Zelensky avait raté le coche en 2022 quand la Russie était prête à négocier. Poutine prend le même risque. L’Ukraine produit maintenant suffisamment d’armes pour résister, et l’enlisement serait ruineux pour la Russie