Alors que le désengagement du budget octroyé aux systèmes de santé par l’État français s’accentue, le choix de se tourner vers un système d’assurance santé de type américain ou anglais suscite de plus en plus d’inquiétude et de sueurs froides pour l’avenir d’un grand nombre d’entre nous.
Cette évolution voulue soulève des questions fondamentales sur l’accessibilité des soins, l’équité dans la prise en charge des patients et la qualité des services de santé, qui pourraient être gravement compromises si les principes de solidarité et de protection universelle disparaissent peu à peu. La marchandisation de la santé, où les profits prédomineraient sur le bien-être des citoyens, renforce le sentiment d’urgence autour de cette problématique, nous incitant préserver un système de santé universel, juste et efficace. MC
Le 4 décembre à 6 h 44, Brian Thompson, PDG de l’assureur santé UnitedHealthcare, se rend à l’hôtel Hilton de la 6e Avenue, en plein Manhattan, pour une réunion d’investisseurs. Un homme au visage caché par une capuche l’abat à bout portant dans le dos, et s’enfuit à vélo.
Un meurtre « prémédité »,’selon la police, qui retrouvera des douilles portant les inscriptions « deny », « defend » et « depose » (« refuser, défendre, résilier »).
Un écho à la tactique des « 3 D » utilisée par les assureurs santé pour éviter d’indemniser les patients, devenu le cri de ralliement des citoyens américains dégoûtés par ces pratiques.
Mais seul l’establishment du pays s’indigne du meurtre de sang-froid d’un chef d’entreprise, père de deux enfants, qui selon le procureur relève du « terrorisme ». Arrêté quelques jours plus tard, le suspect – Luigi Mangione, un informaticien souffrant depuis des années de douleurs invalidantes au dos – devient un « héros populaire » sur les réseaux sociaux qui dénoncent la « violence systémique » d’un système privé. Posts et commentaires s’y bousculent pour glorifier le « vengeur masqué » de toutes les victimes de ces assureurs honnis.
Autre facette du problème : ces malades ou leurs familles, qui se mettent en scène pour mendier de l’audience sur TikTok. Ils ne demandent pas de l’argent, mais cherchent à susciter des « like », des commentaires et des partages, afin que leur compte, devenu viral, soit rémunéré par le programme d’engagement du réseau. Ici, c’est une mère de famille qui demande aux tiktokeurs de regarder son fils de 3 ans danser, pour arriver à régler les factures du pédiatre. Là, c’est un homme, atteint de la maladie de Charcot, qui nous conjure de suivre son compte afin de parvenir à se payer des attelles pour continuer à marcher.
C’est qu’aux Etats-Unis une visite chez un généraliste coûte plusieurs centaines de dollars, un accouchement des dizaines de milliers, une chirurgie des centaines de milliers et le suivi d’un cancer plus de un million. La liberté des prix et le manque de concurrence engendrent une hyperinflation : le prix du flacon d’insuline, vital pour les diabétiques, a augmenté de plus de 1000 % entre 1996 et 2017, atteignant quelque 270 dollars (259 euros), contre environ 18 euros en France. Les contrats d’assurance-maladie familiaux se montent, en moyenne, à 25000 dollars par an. Si bien que 27,5 millions de personnes ne disposent pas d’une assurance santé et que 6o autres millions sont mal couvertes. Pas moins de 45 000 décès par an sont imputables à un manque d’accès aux soins !
Alors que les frais de santé représentent 17,8 % du PIB des États-Unis (9 % en France), l’espérance de vie n’y est que de 77 ans (82 ans en France)… avec une différence de vingt ans entre les citoyens les plus et les moins favorisés ! Par contraste, les compagnies d’assurances santé, elles, sont en pleine forme.
Refuser les clients à risque et limiter la couverture des assurés leur permet d’engranger des marges plantureuses. UnitedHealthcare, de Brian Thompson, qui atteint le taux de refus d’indemnisation record de 32 %, est l’une des compagnies les plus prospères, affichant 22 milliards de dollars de bénéfice net sur 371 milliards de chiffres d’affaires en 2023.
Ce scandale pourrait encore s’aggraver sous la présidence de Donald Trump, qui a déjà, pendant son premier mandat, affaibli la couverture santé universelle instituée par Barack Obama. Par contraste, on ne peut que célébrer notre service public de la santé et ses personnels héroïques. En France, on est encore – fort bien – soigné, quels que soient son statut et son niveau de revenu. Un précieux acquis républicain à protéger contre les velléités d’économies budgétaires.
Les français croient leur système de santé éternel, mais de puissants intérêts poussent à un double système : une santé au rabais dans des hôpitaux sans moyens et un système privé soumis à la loi des actionnaires.
Le meurtre B Thomson apparaît comme un acte de justice, et les assureurs qui n’assurent pas vont devoir en tenir compte.
La situation de l’hôpital public, provoquée sciemment par les gouvernements successifs même dit de gauche, conduit immanquable à se tourner vers le secteur privé et lucratif.
Secteur mis en valeur par tous les tenants du capitalisme (Mme Le Pen y compris) qui pille le secteur public de ses personnels administratifs, infirmiers, médecins, chirurgiens et subventions.
Merci à la Sécurité sociale qui permet à tout ce secteur privé de se développer !
La même stratégie, que pour l’école dans son ensemble, est appliquée.
Malgré cela, le secteur résiste public malgré ces coups de boutoirs incessants. Combien de temps ?
Madame et Messieurs ex-premier Ministre, M. Macron, M. Bayrou,
Avez-vous quelques milliards qui traînent ?
Oui, bien sûr.
Mais ils ne sont pas destinés à la France, mais à l’Ukraine !
Désolé, passez votre chemin !
Attendez la prochaine élections législatives, dans six mois !
RBlaplume
Merci !
Santé, retraite, dépendance…voilà les véritables enjeux de 2025 et ce qui bloque le système politique actuel… Le dictateur ne veut pas céder; il ne faudra pas que nous cédions non plus et la lutte ne fait que commencer…