… sur les dividendes !
La doctrine « pas de nouveaux impôts », qui aura été pendant sept ans la signature économique du tandem Macron-Le Maire, est donc morte et enterrée. Après la première tentative de Michel Barnier, rejetée par le vote de censure, c’est François Bayrou qui s’y est engagé : oui, les ménages les plus riches vont contribuer à l’effort budgétaire, à hauteur de 2 milliards d’euros. Cette mesure devrait concerner un des chevaux de bataille d’Emmanuel Macron : la fiscalité très attractive des dividendes.
Ils ne tombent pas dans les revenus du travail, taxé, lui, de façon progressive jusqu’à atteindre 45% sur la tranche au-delà de 17 7000 euros, mais ils bénéficient d’une flat tax, fixée à 30% seulement des profits financiers engrangés par les ménages. Mise en place en 2018, la flat tax était censée inciter les particuliers à investir dans les entreprises, sans qu’on puisse savoir si elle a joué le moindre rôle positif. Dans les mesures envisagées par Bercy, elle pourrait passer à 37,5%, sachant qu’elle a rapporté l’an dernier 6,8 milliards d’euros.
Cette augmentation peut-elle causer un nouvel exil fiscal ? Ce serait étonnant, car aucun retour de l’impôt sur les grandes fortunes n’est au programme du gouvernement et, l’an dernier, les ménages privilégiés ont bénéficié d’une conjoncture absolument exceptionnelle.
Certes, l’économie française tourne au ralenti et le pays se débat dans des déficits record, mais, dans cet océan de grisaille, émerge un phare lumineux, qui n’éclaire malheureusement qu’une toute petite minorité : en 2024, les grandes entreprises du CAC 40 ont versé 100 milliards d’euros à leurs actionnaires, que ce soit sous la forme directe de dividendes ou, indirecte, de rachat d’actions.
TotalEnergies a donné 14,5 milliards ; LVMH, 6,8 milliards ; Stellantis, 6,6 milliards ; BNP Paribas ou Axa, 6,2 milliards.
C’est un nouveau record historique, une hausse de 6o % par rapport à 2019, selon la lettre Vernimmen, responsable de ce palmarès qui, depuis vingt-deux ans, scandalise régulièrement tous ceux qui se méfient du capitalisme et qui se demandent comment les grandes fortunes peuvent vivre à ce point en dehors de la planète et de la fiscalité communes.
Autrement dit, jamais les investisseurs n’ont autant profité de la bonne santé des grandes entreprises françaises, qui dépend, avant tout, de la bonne santé de leurs activités internationales : 85% des revenus de ces géants se font en dehors de la France, ce qui explique que notre stagnation les touche peu. Si les entreprises continuent à profiter autant de la bonne conjoncture internationale, et à verser autant de dividendes l’an prochain, ce sera donc une bonne nouvelle pour le budget. Mais elles peuvent aussi choisir de manifester leur mécontentement contre cette hausse en distribuant moins de profits et en investissant plus, ce qui ne serait pas, non plus, une mauvaise nouvelle sur le plan économique…
En soi, les dividendes n’ont rien de scandaleux, malgré l’odeur sulfureuse qui les entoure à gauche. Ils rémunèrent le capital apporté à l’entreprise par ses actionnaires, et le risque encouru, de la même façon que le détenteur d’un Livret A reçoit un petit intérêt sur son épargne. Pour autant, le dividende n’est pas obligatoire. Les sociétés les plus innovantes, et les plus valorisées, s’en passent.
Amazon ou Tesla n’en versent pas : elles réservent leurs profits à leurs investissements, ce qui enrichira encore plus leurs actionnaires grâce aux plus-values qu’ils feront à la revente de leurs titres.
Ce modèle n’est valable que pour les entreprises en forte croissance, mais il souligne en creux le problème des grandes entreprises françaises : elles sont profitables, mais leurs activités sont arrivées à maturité. Elles ne veulent plus investir massivement.
Si une taxation plus forte des dividendes les conduisait à prendre plus de risques et développer plus d’innovations, ce serait donc aussi une bonne chose pour leurs actionnaires et, en prime, pour leurs salariés.
Claude Soula. Nouvel Obs. N° 3148. 23/01/2025
Certes mais des cadeaux ont été fait comme le seuil d’exonération de la tva augmenté de 10% et le taux de CVAE (contribution sur la valeur ajoutée des grosses entreprises) baissé de 30%. Information envoyée par le ministère des finances à toutes les entreprises. Bayrou prend d’un côté et rend de l’autre. C’est d’autant plus bête que Amazon paie de la cvae mais.pas d’impôt sur les bénéfices
C’est sans doute pour cela, qu’ils avaient pensé ponctionner les Retraités percevant plus de 2000 euros mensuels… contraindre à travailler plus longtemps avant de partir en retraite.. réduire les prises en charge de la Sécu, et peser sur,les augmentations de salaires.. notamment..