La première lame avait relativement épargné le projet de budget du ministère de la Culture pour 2025. Les ressources restaient stables, quasiment à l’euro près.
Pas de quoi impulser de nouvelles politiques marquantes, ni sans doute même de répondre avec toute l’efficacité voulue à la crise du spectacle vivant, mais, en ces périodes de disette budgétaire, on a l’ambition modeste. Même quand on s’appelle Rachida Dati.
Et puis c’était avant la seconde lame, révélée le 27 octobre 2024. Et celle-là fait beaucoup plus mal.
Le gouvernement s’apprête à supprimer par voie d’amendement 150 millions d’euros supplémentaires au budget du ministère de la Culture, appelé comme tous les autres à participer à l’effort collectif pour trouver 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires.
Dans le détail, 95 millions vont être prélevés sur la réserve de précaution du ministère, ces crédits qui, en début d’année, sont obligatoirement gelés pour faire face aux inévitables aléas de gestion qui interviennent au cours d’un exercice budgétaire.
Cette ponction, qui ne représente pas loin de la moitié de cette réserve, ne devrait pas entraver l’action du ministère au quotidien mais en diminuera ses capacités à affronter les imprévus. Les 55 millions d’économies restants devraient se partager entre l’audiovisuel public, qui va supporter l’essentiel de l’effort (- 45 millions), et le budget du pass Culture qui devrait être ramené à 200 millions (-10 millions).
Pour l’audiovisuel public et notamment France Télévisions, l’ardoise est salée. Le gouvernement lui avait déjà supprimé les 80 millions d’euros qu’il s’était engagé à lui donner l’an prochain dans le cadre d’un contrat d’objectifs et de moyens (COM) qui lie les chaînes publiques à l’État, pour leur permettre d’engager des investissements de long terme.
Cette nouvelle coupe est donc très mal vécue.
« Elle est élevée et intervient très tardivement. C’est ingérable », s’énerve-t-on à la direction du groupe. Seule consolation dans ce paysage : les radios associatives, qui avaient perdu 10 millions d’euros dans le projet de budget initial, les retrouveront par voie d’amendement.
Olivier Mile. Télérama. N° 3904/ 06/11/2024
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