Les charrettes de licenciements enterrent peu à peu la promesse du plein-emploi formulée par Macron, avec un taux de chômage qui pourrait dépasser les 8 % dans les prochains mois.
Que dire des milliards d’euros versés aux entreprises quand, ensuite, elles licencient en masse ? Vive l’assistanat ?
Même Michel Barnier s’est interrogé, devant l’Assemblée nationale, au sujet des millions d’euros d’aides publiques empochés par Auchan et Michelin ces dernières années. Entre 2013 et 2018, le roi des hypermarchés a perçu, au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), 83 millions d’euros par an. Soit 498 millions d’argent public.
Bibendum, quant à lui, a reconnu avoir palpé 55 millions d’euros de crédit d’impôt recherche (CIR) pour « rapatrier des activités de recherche et développement du Japon et des États-Unis en France, rendant le coût d’un chercheur en France compétitif [face à] l’Allemagne et d’autres pays ».
Quant au CICE, transformé en allégements de cotisations patronales, il « ruisselle partout chez Michelin », assure son service presse. Et, surtout, chez ses actionnaires, auxquels l’entreprise a versé 1,4 milliard d’euros l’année dernière.
Côté salariés, vu la casse sociale annoncée, l’opération de com’ claironnée en avril dernier par le champion du pneu, qui vante la mise en place d’un « salaire décent »allant de 1,5 à 3 fois le Smic, résonne un peu rude. Et, pour couronner le tout, le président du groupe Michelin, Florent Menegaux, sera l’invité, le 23 novembre à la Sorbonne, de la Cité de la réussite. Thèmes abordés au cours du forum : « La confiance inébranlable de l’entrepreneur », ou « Comment concilier la performance et l’humanisme ? »… Le boss du pneu sera l’un des premiers à intervenir, sur un sujet gonflé : « Comment se préparer à l’improbable ? »
Son actualité sociale devrait l’inspirer.
Subventionner les entreprises pour maintenir l’emploi est une vue à court terme car le coût dépasse largement les avantages, la patrons se servant des subventions pour accroître leurs profits. Il faut différencier le secteur soumis à la concurrence des pays avec des salaires bas des autres secteurs, et concentrer l’aide sur le premier avec comme obligation des prix concurrentiel et le maintient des emplois.