Pauvre Michel Barnier : le nouveau Premier ministre savait la situation budgétaire difficile, il a découvert qu’elle était catastrophique. Et cela, à la suite d’un « dérapage extrêmement spectaculaire » du déficit, pour citer Pierre Moscovici et le Haut conseil des finances publiques.
Entre la prévision de décembre 2023 et la situation actuelle, le déficit pour cette année a bondi de 4,4 % à 6,1% du PIB — soit près de 100 milliards d’euros en plus !
Comment ?
Devant l’absence de réponse claire du ministère de l’Économie, le président de la commission des finances de l’Assemblée, Éric Coquerel, a annoncé qu’il demandera mercredi le pouvoir d’enquêter sur ce dérapage. Il doit avoir pour cela l’accord de la présidence de l’Assemblée, si nécessaire après débat dans l’hémicycle.
« Perspective négative »
La recherche de responsabilité de ce dérapage est politiquement lourde de conséquences.
- Est-ce la faute du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui l’aurait dissimulé ?
- Ou du président de la République et son Premier ministre Gabriel Attal, qui auraient préféré reporter les mauvaises nouvelles après les élections européennes, puis les législatives ?
L’agence de notation financière Fitch a en tout cas pointé le « dérapage budgétaire » français pour annoncer vendredi [11/10/2024] qu’elle met la France sous surveillance, assortissant sa note AA- de « perspective négative ». Pire, elle dit qu’elle ne s’attend « pas à ce que le gouvernement respecte ses prévisions révisées de déficit », autrement dit que le dérapage va continuer…
Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré. 13/10/2024
Le budget des gouvernements Borne puis Attal n’était probablement pas sincère. Ils étaient pieds et piings liés à Macron dont les dépenses ne sont probablement pas comptabilisées au budget. Notamment les dépenses militaires supplémentaires dues à la guerre en Ukraine les pertes des entreprises dans cette guerre compensées par l’état, les inondations (l’état est son propre assureur)…