Certains attendent « le privilège de l’âge »
Pour dire ce que le corps a retenu
Mais l’âge n’a aucun privilège
Il escalade les marches
Sans se soucier des dégâts qu’il imprime
Les rides la fatigue la lassitude et le ciel gris
La sagesse attendra-t-elle un laissez-passer
Un laisser-faire de la part des années accumulées ?
Avant, la lumière était naturelle
Elle arrivait et on ne faisait pas attention
Là, on l’attend, on l’espère tous les matins
Assis sur un banc de pierre
Les yeux mendiant un peu de sa bonté
Quand le soir arrive
Tout se met en place
Le corps entre dans la nuit
L’esprit encombré d’images
Dont certaines sentent la naphtaline.
Tahar Ben Jelloun. Recueil : « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard