Au-delà des frictions avec la présidente Ursula von der Leyen, et de ses ambitions personnelles, l’ex-commissaire français portait une stratégie de souveraineté européenne qui cadrait mal avec l’atlantisme de la dirigeante allemande.
Lors d’un appel téléphonique au chef de l’État français, Emmanuel Macron, l’hyperprésidente de la commission, Ursula von der Leyen, aurait indiqué ne plus pouvoir travailler avec l’ancien chef d’entreprise passé par Bull, Thomson, France Telecom et Atos. Dans une lettre qu’il a adressée à la dirigeante allemande, Thierry Breton fustige une « gouvernance douteuse ».
Il l’accuse en outre d’avoir procédé au chantage, en proposant à Paris un portefeuille plus conséquent si la France l’écartait.
Quelques heures plus tard, c’est chose faite avec l’entrée en lice de l’homme lige d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, ministre démissionnaire des Affaires étrangères, ancien président du groupe Renew (libéraux) au Parlement européen et macroniste de la première heure.
« Stéphane Séjourné n’a pas une énorme carrière politique derrière lui, on peut imaginer qu’il prendra plus directement ses ordres auprès de l’Élysée et que la ligne sera encore plus courte entre le palais et le représentant français qu’avec Thierry Breton », suggère un fonctionnaire européen.
Après de virulentes critiques de l’ancien grand patron français à l’égard d’Ursula von der Leyen […], Thierry Breton a-t-il été lâché en rase campagne à Bruxelles contre la promesse d’un poste au sein du futur gouvernement à Paris comme le suggérerait son entrevue avec Michel Barnier, le week-end dernier ?
Ou s’agit-il d’une ultime tentative d’Emmanuel Macron, après sa perte de terrain lors des législatives, de sauver ce qui peut encore l’être : son pouvoir à Bruxelles.
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Pour autant, si la France — deuxième puissance européenne — avait décidé d’imposer Thierry Breton, Ursula von der Leyen aurait dû faire avec. « Cette décision est cousue de fil blanc. Tout s’est fait très vite et de manière peu subtile. Tout laisse à penser que la décision a été préparée à Paris », explique un fonctionnaire à Bruxelles.
[…] Pour l’ancien eurodéputé de gauche Emmanuel Maurel. « C’est une catastrophe pour l’influence de la France. Que Macron cède aussi facilement aux injonctions d’Ursula von der Leyen, c’est désastreux », souffle-t-il.
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Pour Emmanuel Maurel, l’affaire est cette fois politique : « Quand un pays nomme un commissaire, il le défend. On peut reprocher des choses à Thierry Breton, mais pas d’avoir été inactif sur la question de la régulation numérique. » Officiellement, Stéphane Séjourné comme Thierry Breton défendent la même ligne.
L’affaire serait toutefois symptomatique d’un tiraillement entre une stratégie atlantiste et une autre plus favorable à la souveraineté européenne. En 2021, Ursula von der Leyen met en place le Trade and Technology Council (TTC), qui initie des rencontres régulières entre l’administration américaine et la Commission européenne afin d’harmoniser les relations commerciales, notamment dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle.
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Reste une interrogation quant à l’approche de Stéphane Séjourné, qui décroche certes le titre de vice-président exécutif dont ne jouissait pas Thierry Breton, mais sans que l’on sache s’il aura la volonté de reconstruire des filières grâce à l’intervention publique ou s’il préférera en la matière laisser la main libre au marché.
Lina Sankari . Humanité- Source (Extraits)
Traitement du même sujet, par le Dauphiné libéré du 18/09/2024 – Article intégral. MC
Von der Leyen dévoile son équipe
Après des semaines de tractations souvent poussives, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dévoilé mardi sa nouvelle équipe de commissaires, davantage tournée vers la compétitivité de l’Europe.
Depuis Strasbourg, elle a présenté une équipe de 11 femmes et 16 hommes, soit légèrement en deçà de la parité promise. Dans la foulée des élections européennes, le casting penche à droite avec une quinzaine de portefeuilles pour le PPE, parti conservateur et première force au Parlement européen.
Séjourné a eu sa place
Sujet inflammable, l’Italien Raffaele Fitto, membre du gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni, a obtenu un titre de vice-président au sein de ce nouvel exécutif européen. Après la démission avec fracas lundi de Thierry Breton, commissaire au marché intérieur, Emmanuel Macron avait proposé le ministre démissionnaire des Affaires étrangères Stéphane Séjourné, qui a hérité d’une vice-présidence exécutive et un portefeuille dédié à la prospérité et la stratégie industrielle.
La vérité est dans les SMS Pfizer von der Leyen. Breton n’a pas apprécié la corruption de Mme VdL et elle n’a pas apprécié qu’on le lui reproche. Mme VdL veut laisser les gafa se gaver sur l’Europe et étrangement personne ne parle de sa fortune en actions américaines.
C’est beau comme un camion..