Nlle guerre Liban-Israël.

Chaos au Liban après l’explosion simultanée de bipeurs du Hezbollah

Des centaines de bipeurs appartenant à des membres du Hezbollah ont explosé au Liban mardi. Le bilan humain, qui n’était pas encore définitif, est déjà tragique. Les regards sont tournés vers Israël, qui avait annoncé quelques heures plus tôt l’extension de ses objectifs de guerre à sa frontière nord avec le Liban.

C’est peut-être un nouveau tournant dans la situation au Proche-Orient. Alors même qu’Israël a annoncé mardi vouloir étendre jusqu’à la frontière israélo-libanaise les buts de la guerre menée depuis près d’un an contre le Hamas, le Hezbollah a été directement touché, dans l’après-midi, au Liban.

Des centaines de membres du mouvement islamiste libanais ont été blessées par l’explosion simultanée de leurs bipeurs, un système de radiomessagerie, dans la banlieue sud de Beyrouth, dans le sud du pays et dans la plaine orientale de la Békaa.

Une dizaine de personnes sont mortes et près de 3 000 ont été blessées, d’après les premiers bilans. Des membres du Hezbollah en Syrie ont également été touchés.

« Faille de sécurité majeure »

Une source proche du mouvement a expliqué que « les bipeurs qui ont explosé concernent une cargaison récemment importée par le Hezbollah de 1000 appareils », qui semblent avoir été « piratés à la source ». « D’après les enregistrements vidéo […], un petit explosif de type plastic a certainement été dissimulé à côté de la batterie (des bipeurs) pour un déclenchement à distance via l’envoi d’un message », estime sur le réseau social X Charles Lister, expert au Middle East Institute (MEI). Les agents israéliens ont sans doute « infiltré le processus de production et ajouté dans les bipeurs un composant explosif et un détonateur activable à distance, sans éveiller les soupçons », renchérit l’analyste militaire Elijah Magnier, basé à Bruxelles, décrivant « une faille de sécurité majeure dans les protocoles du Hezbollah ».

Israël pointe du doigt

Cette opération, attaque sophistiquée, mais utilisant des outils largement passés de mode, marque un nouveau succès spectaculaire des services israéliens, après l’assassinat fin juillet du chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran.

En tout cas, il ne fait aucun doute pour le Hezbollah qu’Israël soit « entièrement responsable » de ces explosions et assuré qu’il allait « recevoir son juste châtiment » à la suite de « cette agression criminelle ». Israël n’a pas commenté ces explosions, survenues dans plusieurs places fortes du Hezbollah. Mais les faits coïncidents avec l’annonce faite mardi d’étendre les buts de la guerre.

Pour Michael Horowitz, expert géopolitique pour Le Beck, une société de conseil en sécurité basée au Moyen-Orient, « sans cessez-le-feu à Gaza, il n’y aura pas d’accord sur la question de la frontière avec le Liban. Pour Israël cela veut dire qu’il faudra donc probablement se préparer à une solution militaire, d’autant que la pression monte, car des dizaines de milliers d’Israéliens restent déplacées ».

Dans ce contexte à hauts risques, le secrétaire d’État américain Antony Blinken est attendu ce mercredi en Égypte pour discuter d’une nouvelle proposition de compromis en vue d’un cessez-le-feu à Gaza et d’une libération des dizaines d’otages qui y sont retenus.


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