La défaite, inattendue dans ces proportions, du RN est évidemment une bonne nouvelle. Elle ne doit pas nous démobiliser comme le fit, en 2002, la déculottée infligée par Chirac à Le Pen et qui fit croire à beaucoup de militants antifascistes que l’extrême droite était hors-jeu pour toujours.
Elle ne doit pas nous aveugler, car même battu, le RN augmente significativement son nombre de sièges à l’Assemblée et a désormais un allié dans le camp des droites conservatrices, en l’espèce ces « Républicains » qui ont suivi Éric Ciotti. La « marée continue de monter », a dit Marine Le Pen, et elle considère que la dernière marche reste accessible pour 2027.
On peut ne pas la croire. Mais on ne doit absolument pas exclure qu’elle ait raison. D’abord parce que le caractère éclaté de la nouvelle Assemblée n’ouvre guère que des perspectives de blocage et peu d’espérances d’un réel tournant dans la manière dont le parti présidentiel conçoit l’exercice du pouvoir.
Ensuite, parce que la gauche victorieuse, pour ne pas se porter préjudice à elle-même et pour rassurer, doit se tenir absolument à l’écart de la pente irresponsable sur laquelle La France insoumise peut l’entraîner.
C’est sur la prise de contrôle par cette gauche radicale que comptent la droite et l’extrême droite pour agiter les peurs, d’une manière, les plus anciens s’en souviennent, qui rappelle «la peur des rouges », en 1981. L’élection de Raphaël Arnault, de David Guiraud, d’Aymeric Caron et d’autres parmi les plus radicaux des membres de LFI, n’est pas un signal positif pour la gauche responsable, rassembleuse et laïque.
Et sauf à vouloir donner un ballon d’oxygène à un RN que la majorité des Français a raison de repousser, il va bien falloir que les sociaux-démocrates comme les écologistes clarifient au plus tôt leur position envers le dogmatisme de la coterie mélenchoniste. En gardant en tête que le Labour britannique l’a emporté parce que son leader, Keir Starmer, s’est débarrassé des fans de Jeremy Corbyn, véritable naufrageur du travaillisme respectable.
De toute évidence, plusieurs choses ont cloché au RN dans l’entre-deux-tours. L’excès de confiance en soi de Jordan Bardella, peut-être encore un peu tendre pour l’exercice et moins rassurant, en fait, que «la patronne ». Les déclarations contradictoires des porte-parole (sur la double nationalité, le rôle économique de l’État).
L’impréparation manifeste de nombreux candidats et le nombre élevé de, Bardella dixit, « brebis galeuses » racistes et/ou antisémites que la presse a débusquées. Dans certains départements, le RN obtient des votes sur le nom de Le Pen et Bardella, mais n’a pas la force militante nécessaire pour faire émerger des profils compétents et respectables, preuve que la « dédiabolisation » est loin d’être achevée.
II y aura peut-être aussi une discussion en interne sur les bienfaits de la normalisation du discours. Car à lâcher sur les retraites, à promettre la « paix fiscale » (qui ne profite qu’aux plus aisés), à abandonner l’interdiction de la double nationalité et à promettre que les Français d’origine étrangère n’ont rien à craindre de lui, le RN s’est peut-être décalé par rapport aux pulsions les plus dures de son noyau électoral.
Jean-Yves Camus. Charlie hebdo. 10/07/2024
J’ai grandi, étudié dans les Ardennes, un département qui était à la fois industrialisé et à caractère agricole.
Dans ma ville, sous préfecture, il y avait 2 filatures, une cartonnerie, des entreprises de travaux publics qui reconstruisaient ce qui avait été anéanti lors du dernier conflit, dont des logements, des ponts sur l’Aisne et le canal, une caserne d’appelés de l’armée de l’Air, avec un encadrement et des familles, un collège devenu lycée, une ecole d’agriculture, un hôpital avec hospice et maison de retraite, une gare SNCF voyageurs et marchandises, un stade, une salle des fêtes, une piscine, un cinéma.. nous étions entre Reims et Sedan (pratique pour les derbys..)
une petite ville active, il n’y avait pas de chômage. Les jeunes trouvaient du boulot, s’installaient,faisaient une carrière, comme leurs parents…
Puis la désindustrialisation a commencé, avec la fermeture d’une filature, suivie de près de la 2ème, du départ des militaires appelés et engagés, simultanément à la fermeture des industries de la vallée de la Meuse fabricant notamment l’électro ménager (Faure, Arthur Martin..Deville).. les salariés et leurs organisations ont réagi…
Le chomage est arrivé, les ouvrières suivies de leurs conjoints sont rentrés à la maison, le commerce en a souffert, l’hôpital aujourd’hui est dirigé par une personne qui partage son temps, entre 2 hôpitaux, la maternité est fermée.. La ville est triste..
Les électeurs de RETHEL, et de 2 arrondissements, des petits bleds où il ne se passe rien, ont changé radicalement de vote depuis quelques années…
Ce n’est pas le seul exemple, le pays a été cabossé, réactions, actions ,solutions ?
La population abandonnée a répondu ici et là..
Ouais enfin ça reste du blabla comme toujours, ni plus ni moins, aucun des partis actuellement n’est viable et honnête et aucun ne pense réellement a la France et aux Français, seuls leurs positions politiqueses intéressent, pour moi ça reste ‘ kif kif bourriquet »