Aya Nakamura, la pauvre, en aura vu de toutes les couleurs : après le flot d’injures racistes déversé par l’extrême droite à la suite de la proposition d’Emmanuel Macron de la faire chanter du : Edith Piaf lors de la cérémonie d’ouverture des JO, il fallait bien une intervention de Gérard Larcher pour détendre l’atmosphère !
Interrogé à ce sujet sur France 2 (14/3), le président du Sénat s’est précipité, tel un sanglier en rut, pour rejoindre la meute des opposants à la jeune chanteuse franco-malienne : « Quand je regarde le texte de ses chansons, je trouve qu’on est assez loin de la représentation de notre pays (…). « Catchaca », par exemple, qui est l’ode à la levrette, je ne suis pas sûr, pour le vétérinaire, que ça soit l’ode à l’animal carnivore ! »
Bon, déjà, ce n’est pas « catchaca », mais « catchana ». Ah, Gérard, quand on veut faire le malin, il faut maîtriser son vocabulaire, si on ne veut pas se prendre une claque !
Ensuite, Aya Nakamura, artiste francophone la plus écoutée dans le monde, avait pris des précautions : elle avait expliqué en 2018 que « catchana » était un mot d’argot, comme le rappelle « lepoint.fr » (15/3) : « C’est… Comment le dire subtilement ? Une position sexuelle dont je tairai le nom. »
Heureusement que Gégé est là pour distinguer levrette du faux !
Article non signé lu dans Le Canard Enchaîné du 20/03/2024