À titre personnel le texte qui suit a surpris désagréablement l’administrateur de ce blog. Il semble qu’il soit de bon ton actuellement de taper systématiquement sur tout ce que propose la mairie de Paris et sa mairesse Anne Hidalgo. Je ne dis pas non plus qu’elle a tout bien fait, par contre à partir du moment où elle pose des questions sur des choix de vie, des réactions citoyennes, il paraît difficile de ne pas répondre, ou tout au moins si l’on ne répond pas que l’on s’abstienne de tout commentaire.
Le principe de la démocratie voulant laisser à tout à chacun le libre arbitre via un bulletin mis dans les urnes, doit être utilisé y compris pour ce que certains pourraient penser être des futilités – trottinettes, bacs à fleurs, SUV, vitesse réglementée, etc. MC
Les propos sont de Mara Goyet. L’Obs. N° 3098. 15/02/2024
S’il y a une chose à laquelle je ne me dérobe jamais, c’est le vote. Je vote pour tout, tout le temps. J’ai même voté, jadis, pour la primaire à droite alors que je suis de gauche. C’est dire…
À mes yeux, voter est plus qu’un droit ou un devoir, c’est une émotion démocratique qui ne me quitte jamais.
Je n’ai cependant pas participé aux deux votations proposées par la Ville de Paris. Les questions posées (sur les trottinettes et les SUV) relevaient pourtant, pour une fois, de mon niveau de compétence. Mais j’ai éprouvé une forme de réticence.
Était-ce le terme « votation » ? Le trouvais-je outrageusement helvétique ? Je ne pense pas être à ce point raciste. Était-ce parce que je ne me voyais pas voter pour emmerder autrui ? Sans doute un peu : si je devais voter contre tous ceux qui rendent difficile la vie quotidienne à Paris, je passerais mon temps devant l’urne. Je refuse de devenir, du moins officiellement, une citoyenne houspilleuse ou récriminatrice. Et s’il fallait choisir une cause, ce ne serait pas celles-ci, mais plutôt la lutte contre la prolifération hideuse des pots de fleurs géants dans les rues.
En outre, je me demande pourquoi la mairie ne prend pas elle-même de telles décisions. Cela me rend dubitative : croit-elle me faire plaisir ou me flatter en m’accordant un petit vote de courtoisie ?
Pense-t-elle que je vais ainsi avoir davantage le sentiment de diriger mon existence urbaine (et par capillarité l’Univers) ? Cela me rend donc méfiante. Pourquoi me pose-t-on des questions de ce genre ? Il doit y avoir un loup, un « diable dans les détails ».
Pour les SUV, ça a été vite réglé : ce ne sont pas les riches Parisiens avec leurs bolides à gros cul qui seront pénalisés, mais les habitants de la couronne périurbaine, désireux de venir à Paris sans pouvoir forcément s’offrir les joies des incidents indépendants de la volonté du RER.
Tout cela me conduit à remettre totalement en question mon système de pensée : ai-je vraiment un vrai avis sur les trottinettes ? Mon exaspération face aux amas d’engins vautrés sur le pavé doit-elle se solder par une votation ? Ma gêne mérite-t-elle que l’on mette au chômage des tas de travailleurs, entrave les déplacements de milliers de personnes respectueux de l’environnement ?
De manière plus générale, j’en viens à me demander s’il y a au moins un sujet d’importance (type la recette de la carbonara) pour lequel j’ai un avis ferme ou définitif. Si j’ai un « ressenti » trottinette ou SUV, je n’ai pas d’opinion étayée, robuste en la matière. Ce qui n’a que peu d’importance, sauf si l’on me demande de voter en conscience.
« Sapere aude » (« ose savoir ») m’intimerait Kant. « La flemme », lui répondrais-je dans un latin parfait.
Comme Nicholson Baker l’écrit dans « la Taille des pensées », il nous faudrait une agence de presse capable de fournir « une liste d’informations personnelles […] : chacun pourrait alors contrôler ses sentiments sur les meubles préraphaélites, l’impact de l’urbanisation sur la politesse, le port des lunettes de soleil en intérieur ».
Au fil des jours, on ajusterait son opinion « comme on garde un œil sur des actions hors cote achetées à la légère ».
J’attends donc la remontée du cours de la votation pour en faire, au meilleur moment, ma vraie passion.
– Il me semblait qu’il était logique de voter pour toutes élections, c’est un droit conquis,(à ma connaissance nos mères et grands mères étaient heureuses de voter après la Libération…) sans pour autant donner un chèque en blanc au candidat ou à la liste choisis.. je pense notamment ici aux 2 dernières présidentielles…
– Il est aussi logique et normal, qu’il y ait de temps à autre, une consultation, des réunions pour informer, donner des infos, lieu pour faire remonter des mécontentements, réclamations, et dresser le bilan de la période concernée et avoir des explications budgétaires..
– se féliciter aussi des consultations (par exemple ici, choisir ensemble le nom des 2 stations de métro « Lucie Aubrac » et « Barbara », ceux des 2 nouvelles écoles « Nikie de Saint Phalle et « Ethel et Julius Rosenberg »… qu’il y ait encore des initiatives solidaires pour toutes les catégories de population..
– Félicitations à tous ceux qui sollicitent un mandat électoral aujourd’hui, remerciements à leurs familles ..