Manœuvres et positionnements…

… pour des visées pré-électoralistes présidentielles de 2027.

Sur fond de rivalités en vue de 2027, la décision de deux élus macronistes – Bertrand Bouyx et Pierre Henriet –  de rejoindre le groupe des soutiens d’Édouard Philippe a ouvert une violente crise dans la coalition présidentielle à l’Assemblée nationale.

Au sein du parti présidentiel, le départ de ces deux élus peu connus du grand public a été reçu comme une déclaration de guerre.

Jeudi, sitôt informé de leurs velléités, le président du groupe Renaissance, Sylvain Maillard, a fait part de son courroux à son homologue du groupe Horizons, Laurent Marcangeli.

« Ne crois pas que tu vas te foutre de ma gueule ! », lui a-t-il dit au téléphone, au cours d’un échange décrit comme particulièrement tendu par les entourages des deux hommes.

Depuis, les relations entre les deux groupes sont rompues, comme l’a confirmé le patron des députés macronistes à ses troupes samedi après-midi. « Au-delà de la méthode, puisque jamais le groupe Horizons ne m’a informé [de ces départs – ndlr], j’ai assez peu goûté d’être mis devant le fait accompli malgré nos engagements réciproques depuis 2022 », leur a-t-il indiqué dans un message que Mediapart a pu consulter. « J’ai décidé de suspendre ma participation hebdomadaire aux réunions des présidents de la majorité », a-t-il également annoncé au sujet de ces rendez-vous entre lui, Laurent Marcangeli et Jean-Paul Mattei, le président du groupe MoDem.

[…]

Renaissance veut déloger les deux députés

Les deux élus sur le départ, Pierre Henriet et Bertrand Bouyx, ont eux aussi subi les foudres de leur futur ex-président de groupe. Reçus individuellement par Sylvain Maillard, les députés se sont vu signifier deux exigences. D’abord, quitter leur bureau pour un autre, probablement moins confortable, au sein des locaux du groupe Horizons.

Ensuite, quitter les fonctions dites « extra-parlementaires » qu’ils occupent au titre de leur appartenance à la majorité : respectivement la vice-présidence de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et la présidence de la délégation française à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Deux mandats qui peuvaient leur donner accès à des moyens, un bureau et des collaborateurs supplémentaires.

Sur le premier sujet, le parti présidentiel n’a pas attendu leur accord. Ainsi Pierre Henriet a-t-il découvert que, dès jeudi, la direction du groupe était entrée dans son bureau. « En mon absence et sans mon consentement », précise-t-il à Mediapart. Une méthode qui a surpris plusieurs de ses – anciens – collègues, dont l’un évoque des « pratiques scandaleuses » et des « mesures de rétorsion à deux balles ».

Sur le second sujet, en revanche, Renaissance n’a pas le pouvoir de contraindre les députés à démissionner de leurs fonctions annexes. Et les deux intéressés ont clairement indiqué qu’ils n’en feraient rien. De quoi rendre plus furieux encore Sylvain Maillard, qui en fait à présent un casus belli. […]

Moins anecdotique qu’il n’y paraît, cette crise révèle en creux le malaise qui couve, depuis des mois au sein de la majorité. […]

Aussi revient inlassablement, dans les commentaires des parlementaires interrogés par Mediapart, l’échéance de 2027 et la concurrence, de moins en moins tue, entre les partisans d’Édouard Philippe et ceux d’Emmanuel Macron. […]

« C’est un mouvement logique qui précède 2027 dans un moment où le groupe peine à définir une identité politique commune, abonde à regret une figure du groupe Renaissance. Il y en aura d’autres et ce n’est pas imputable à Sylvain Maillard. Il n’avait aucun intérêt à y répondre de façon aussi sanguine, d’autant que ça ne découragera pas ceux qui se posent la question de franchir le pas. L’autorité, ce n’est pas l’autoritarisme. »

[…]

Ironie du calendrier, les trois partis du camp présidentiel doivent finaliser dans les prochaines semaines un accord en vue des élections européennes et valider un projet, un ou une candidate et une liste de quatre-vingt-un noms. Une mission déjà mal engagée, que le camp présidentiel aborde désormais à couteaux tirés.


Pauline Graulle et Ilyes Ramdani. Médiapart. Source (Courts extraits)


Une réflexion sur “Manœuvres et positionnements…

  1. bernarddominik 20/02/2024 / 19h12

    Les rats quittent le navire?

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