… certaines, certains, tentent de lisser les propos sur cet établissement, mais…
Les mots de Frédéric Gautier, le directeur de l’école Stanislas, sont pétris de sagesse. A chaque parution de « L’Echo de Stan », le journal de l’établissement privé parisien, il gratifie ses élèves de réflexions philosophiques.
Comme dans cet édito publié en 2018 et consacré au thème de la Parole, où il écrivait : « Si, avec Esope (fabuliste grec né au VIIe siècle avant J.-C.), nous savons que « la langue est la meilleure ou la pire des choses », travaillons à sa libération et à sa maîtrise pour qu’elle nous permette d’exprimer le meilleur de nous-mêmes et de la meilleure façon. »
Question maîtrise de la langue, le même Gautier a justement exprimé le meilleur de lui-même sur le plateau de BFMTV, le 21 janvier. Sérieux comme un pape, il a tenté de nier le « climat propice à l’homophobie » au sein de son école catholique, selon un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale, révélé par Mediapart (17/1).
L’échange entre Frédéric Gautier et le journaliste Philippe Gaudin ne manque pas de sel. Ce dernier commence par rappeler qu’un catéchiste de « Stan » avait, en mai 2023, « [parlé] de l’homosexualité comme d’une maladie ». Et d’interroger Gautier : « Ces propos-là, vous les condamnez et ils ne sont pas fidèles aux valeurs de Stan ? »
Réprobation timide de l’intéressé : « Je condamne des propos qui n’avaient rien à faire dans le programme puisque ce n’était pas le programme. »
Gaudin insiste : « Ils sont contre les valeurs de Stan ? »
Le directeur botte en touche : « Ce n’est pas de cette manière-là que nous abordons les sujets. Les valeurs de Stan, ce sont les valeurs d’une école catholique. Les valeurs d’une école catholique sont référées à l’Évangile. La question de Stan, ce n’est pas une question de savoir si on condamne l’homosexualité ou pas. »
« Sauf que dire que l’homosexualité est une maladie est un délit », rappelle le présentateur.
« J’entends bien. C’est pour ça que ces propos ne sont pas acceptables, voilà », tente de conclure son invité.
Gaudin ne lâche pas le morceau : « Donc ils ne sont pas fidèles à vos valeurs ? »
Gautier botte de nouveau en touche : « Ils ne sont pas fidèles à l’obligation légale, d’ailleurs, surtout, vous venez de la rappeler. »
Gaudin : « Vous les partagez sur le fond ? »
Gautier : « Mais, sur le fond, ce n’est pas la question. »
Gaudin : « C’est important, vous êtes le directeur d’un établissement. »
Gautier boit le calice jusqu’à l’hallali : « J’entends bien, je suis le directeur d’un établissement catholique. Et, donc, j’ai une double légitimité dont il faut que je rende compte. La première légitimité, c’est du côté de l’Église catholique, puisque je [dirige] un établissement catholique. La deuxième légitimité, c’est du côté de la République, puisque je [dirige] un établissement associé à l’État par contrat (…). J’ai donc deux légitimités à tenir. »
Que n’aurait-on dit si sa première légitimité était du côté de La Mecque ?
Clara Bamberger. Le Canard enchaîné. 24/01/2024
En finançant des établissements religieux l’état s’assoit sur la laïcité tout en proclamant tout haut qu’il la défend.
Je ne pense pas Bernard, que ça soit dans cet esprit-là que les subventions obligatoires : et de l’État et des collectivités locales distribuées aux établissements privés dispensant l’éducation. La réalité me semble bien plus sordide. La réalité est, que l’éducation nationale fait partie de la « gente fonctionnaire » (au même titre que les services sanitaires, les fonctionnaires de l’État civil, etc.) dont le système entend se débarrasser au profit d’une éducation Privatisée.
Dans le contexte économique mondiale ou les restrictions budgétaires seront-sont « de mise » pour éponger les dettes notamment, mais aussi en arguant (mauvais argument) pour ne plus avoir à gérer des fonctionnaires indociles, pratiquement « inlicenciable », et le « jeu » sordide des gouvernants successifs.