… saint patron de l’extrême droite française
Fonds du bien commun, Nuit du bien commun, Maison du bien commun, Voyage du bien commun, Foncière du bien commun, charte pour les ressources humaines du bien commun, coffret-cadeau du bien commun, apéros du bien commun, Génération bien commun…
Milliardaire français, désormais 104ᵉ au palmarès des fortunes de « Challenges », mais encore inconnu du grand public, Pierre-Édouard Stérin, patron du fonds d’investissement Otium Capital et propriétaire de Smartbox – sa véritable machine à cash dont il a délocalisé le siège en Irlande –, a en quelques années réussi une OPA magistrale sur le « bien commun ».
Il en a presque fait sa marque déposée. Surtout, c’est lui qui donne à cette notion sa définition, très loin, en vérité, de l’intérêt général. Mais au plus près des névroses des ultraconservateurs sur l’histoire, la famille ou la patrie. Revendiquant crânement son exil fiscal en Belgique, l’investisseur qui prétend on ne peut plus sérieusement – il l’a dit et répété – « sauver la France » et « devenir un saint », a la visée à la fois démiurgique et messianique de redéfinir l’action publique et de réveiller une civilisation, selon lui, oublieuse d’elle-même.
Catho, tradi, réactionnaire et libertarien
Des pépètes pour restaurer les calvaires dans les villages. De la maille pour la coproduction d’un navet à la gloire des Chouans. Du grisbi pour une appli encourageant les femmes à ne pas recourir à l’IVG ou pour une autre recensant des chants traditionnels, ritournelles pétainistes comprises. De l’oseille pour étendre l’enseignement privé ou ressusciter de bons vieux patronages dans tout le pays. Du blé pour un Institut libre de journalisme qui prétend lutter « contre le conformisme dans les médias ».
Du pognon pour des sites comme le Crayon, une plateforme de « débats » qui met en avant, par exemple, une jeune femme témoignant sur le féminisme, qui « ne lui a apporté que des traumatismes ».
De la thune pour la création de start-up visant tantôt à « proposer une formation anthropologique, philosophique et théologique pour les étudiants en journalisme », tantôt à « créer une plateforme qui diffuse les réponses d’inspiration chrétienne aux questions existentielles »… Et mille autres trouvailles du même acabit.
Comme un de nos journalistes a pu le constater en s’invitant à la Nuit du bien commun, organisée le 11 décembre 2023 à l’Olympia, avec le soutien de CNews, mais aussi de la Fondation Bettencourt-Schueller, le système Stérin s’appuie largement sur l’endogamie.
Sur le papier, les entités peuvent être séparées, mais l’ombre du grand patron plane de tous les côtés… Quand ils n’en émanent pas directement, les « projets » retenus passent, pour la plupart, au guichet du Fonds du bien commun. Puis dans la foulée, ils sont présentés comme des « lauréats », avec présentations chronométrées, drolatiques ou tire-larmes, puis enchères du public, lors des Nuits du bien commun, déclinées dans de nombreuses villes en France.
Bon chic bon genre et bons sentiments… Ce soir de décembre, munis dès l’entrée d’un petit panneau numéroté leur permettant de manifester des promesses de dons échelonnées entre 5 000 et 100 euros, 1 500 personnes se pressent à l’édition parisienne de la manifestation, dans la fameuse salle appartenant à Vincent Bolloré. Devant les buvettes fermées pour l’occasion, un abbé en soutane et doudoune sans manches salue ses ouailles de Versailles et d’ailleurs.
À l’intérieur, des officiers de la Légion étrangère, venus quémander des fonds pour leur foyer d’entraide afin d’« accompagner des hommes qui sont devenus fils de France non par le sang reçu, mais par le sang versé », promènent leurs tenues d’apparat.
Sur scène, quelques notes jouées par une pianiste et un chanteur lyrique qui, avec emphase, mais sans blague, interprète un air fameux de Bourvil : « On peut vivre sans richesse, presque sans le sou (…) Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas. Non, non, non, on ne le pourrait pas. »
Le duo reviendra ensuite entonner « Larmes d’ivoire », un hymne dédié au sacrifice militaire.
Thomas Lemahieu. Le quotidien L’Humanité. Source
Voilà un homme qui a démarrer sa vie avec 5000 Euros et il est aujourd’hui milliardaire, qui ne rêve pas d’être à sa place en toute sincérité ou qui rêve que ses enfants aient un tel parcours. Ensuite nous sommes tous différents, heureusement ! Concernant la gestion de son patrimoine, il ne l’a pas volé et ses convictions personnelles de générosité ne sont pas les mêmes que celles des gouvernements passés, il a donc décidé, bien que Français, de quitter la France pour moins participer à une redistribution des collectes par l’impôt qu’il conteste et de choisir à qui redistribuer SON argent, après tout c’est son droit.
On aime ou on aime pas ses choix mais on ne peut que les respecter et tout milliardaire de gauche pourra également redistribuer selon ses choix et il seront tout autant respectés, chacun peut faire ce qu’il veut de ce qu’il a gagné.
Excellente année de travail et prospérité, bonne santé à toutes et à tous.
Bonjour, il y a quand même un gros hic au raisonnement ci-dessus. Si tout le monde faisait comme cela il n’y aurait plus aucun service public, l’anarchie régnerait,or sans droits et devoirs une démocratie ne peut être égalitaire pour les peuples.
Après chacun a le droit de penser ce qu’il veut de cette position…
Cordialement. MC