Mon objectif :

… c’est un l’électro choc. Gabriel Attal.

“Au cœur de ma philosophie, il y a un principe très simple : le respect de l’autorité du professeur”.


Qu’il y a une baisse très claire du niveau au collège et qu’elle est particulièrement importante en mathématiques. Ce qui me frappe par ailleurs, c’est que même nos meilleurs élèves déclinent, la proportion de jeunes très performants chutant en quatre ans de 12 % à 7%. La conclusion que j’en tire est assez simple : on a beaucoup avancé ces dernières années sur l’école primaire ; maintenant, il faut qu’on avance sur le collège. […]p

Je ne veux pas utiliser des mots qui contribueraient à stigmatiser les femmes et les hommes remarquables qui enseignent à nos collégiens. La seule question qui vaille aujourd’hui est celle de l’organisation. On a un grand principe en France qui est le collège unique. Mais cela ne justifie nullement que l’on perpétue un collège uniforme, qui empêche les uns de s’envoler et conduit les autres à stagner. Nous allons donc repenser fondamentalement notre organisation en mettant en place des groupes de niveau en français et en mathématiques. Cette mesure s’appliquera en sixième et cinquième dès la rentrée prochaine. Et en septembre 2025 pour les quatrième et troisième. Les établissements qui le souhaiteront pourront par ailleurs choisir cette modalité d’enseignement pour les langues vivantes.

Il y aura un test de positionnement qui permettra de mesurer le niveau des élèves à chaque début d’année et de les rassembler en trois groupes de niveau, selon une répartition qui variera d’un collège à l’autre.

Le groupe 1 pour les plus fragiles, le groupe 2 pour les « intermédiaires » et le groupe 3 pour les plus avancés.

Évidement, un effort particulier sera fait pour le groupe 1 dont les effectifs ne dépasseront pas 16 élèves. Nous allons recruter massivement en maths et en français pour y parvenir. […]

[…] La recherche n’est pas aussi négative que vous le dites sur le sujet. Par exemple, les groupes de niveau disciplinaires – et non les classes de niveau, j’insiste bien sur la différence – sont recommandés par les experts de l’OCDE. Et pour cause : beaucoup de pays obtenant de très bons résultats à Pisa ont opté pour cette organisation. […]

Je n’ai aucune raison de douter de leur compétence. […] Rien ne justifie de les rémunérer différemment. Cela étant posé, nous allons poursuivre les efforts de formation continue et initiale à leur destination. […]

[…]

Si on veut garder de la diversité sociale et culturelle dans ces collèges dont vous parlez, il faut que ces établissements redonnent confiance aux familles, et notamment aux classes moyennes, dans leur capacité à faire progresser leurs enfants. Ce n’est pas en conservant des groupes hétéroclites qui finissent par tirer tout le monde vers le bas qu’on y arrivera.

L’objectif de mon plan, c’est un électrochoc et de l’exigence à tous les étages. Au coeur de ma philosophie, il y a un principe très simple: le respect de l’autorité du professeur. Le professeur est le détenteur du savoir et c’est lui qui sait le niveau réel de son élève. […]

Tout notre plan est pensé pour permettre aux élèves de hausser leur niveau. Mais, oui, il faut assumer que, de manière transitoire, le taux de réussite au brevet et au baccalauréat diminue fortement. Je suis pour une école de la sincérité. Que l’on arrête de laisser croire à certaines familles et à certains élèves qu’ils ont le niveau pour passer dans la classe supérieure, alors que les enseignants savent que ce n’est pas le cas. […]

Qu’il vaut mieux réussir son primaire en six ans que de l’échouer en cinq. Idem pour le collège. Ça me paraît du bon sens. 70 % des enseignants ayant participé à la consultation « Exigence des savoirs » y sont d’ailleurs favorables. Mon but n’est pas toutefois de revenir aux taux de redoublants record d’il y a vingt ans [40 % des élèves enfin de collège en 2005 contre 10 % aujourd’hui, NDLR].

Dans les pistes que je propose, des alternatives existent. Le passage dans la classe supérieure peut être subordonné à des mesures d’accompagnement pédagogique : faire sa rentrée deux semaines avant les autres ou participer à des stages de réussite pendant les petites vacances… De même, pour les élèves qui redoublent, il ne faudra pas un redoublement sec mais des activités pédagogiques complémentaires, ou encore un changement de groupe quand on est au collège.

Avec une telle logique, il faudrait supprimer le brevet, non ? Et le bac dans la foulée ! Personne n’a l’air de penser aux fragilités psychologiques d’un élève qui, du CP à la terminale, se retrouve systématiquement en échec scolaire. Remettre de l’exigence à tous les étages, armer les élèves pour qu’ils réussissent leur scolarité et retrouvent confiance en eux, n’est-ce pas la meilleure manière de se soucier de leur état psychique ?

Je ne partage pas du tout ce pessimisme. Sur l’abaya, on m’a dit qu’il n’était pas possible d’agir, on y a été, et le problème est désormais derrière nous. Idem sur le calendrier du bac, le harcèlement : on y a été, tout n’est pas résolu mais les choses bougent dans le bon sens. La leçon que je tire des quatre premiers mois que je viens de passer au ministère, c’est au contraire « quand on veut, on peut ».

Un terme apparaît peu dans votre discours: celui d’inégalité. Pourtant, la spécificité du système français, c’est le poids incroyable des origines sociales dans la réussite scolaire. Pourquoi cibler votre discours sur le niveau moyen des élèves – dans la moyenne des pays de l’OCDE – et le sort des enfants des classes moyennes plutôt que sur celui des classes populaires ?

Parce que, j’y reviens encore : le premier levier de la lutte contre les inégalités est de redonner confiance aux Français dans la capacité de tous les établissements à élever le niveau et à faire respecter l’autorité. […]

Je ne pense pas que ce soit le sujet Au lieu de critiquer les gens qui mettent leurs enfants dans le privé, je préfère me demander pourquoi ils le font Par ailleurs, je ne vous laisserai pas dire que la lutte contre les inégalités n’est pas une priorité du gouvernement Notre majorité a investi plus que jamais dans l’école : pas moins de 15 milliards pendant le premier quinquennat alors que depuis 2017 nous avons perdu 300 000 élèves. Nous avons mené la plus grosse revalorisation des enseignants depuis 1990. […]

[…]

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Des attendus fixés à chaque fin d’année, voire à chaque semestre en primaire, sur ce que l’élève doit avoir absolument acquis.


Alexandre Le Drollec etGurvan Le Guellec. L’Obs N°3088. 07/12/2023


Un énième plan éducatif… Ce dernier saura-t-il « redorer » la valeur de l’acquis scolaire ?


4 réflexions sur “Mon objectif :

    • Libres jugements 12/12/2023 / 10h48

      Oui Christine, à quoi t’attendais-tu d’autre que bla-bla est encore bla-bla.
      Quant aux fautes d’orthographe – je dirais plutôt « faute de transcription » ou de « langage » – c’est un strict scanne, transcrit de l’article paru dans l’Obs.
      Je sais pertinemment qu’utilisant un logiciel de dictée, je ne relis pas assez souvent les textes qu’il produit, mais là en l’occurrence, je ne suis pas responsable.
      Amitiés. Michel

      • christinenovalarue 12/12/2023 / 14h39

        Ce n’est pas à tes éventuelles fautes d’orthographe que je faisais allusion, je ne me le permettrai pas, mais aux fautes d’orthographe de nos chers élèves et étudiants, purs produits de l’éducation nationale.

        • Libres jugements 12/12/2023 / 14h57

          Mes excuses les plus plates, je n’avais pas, lors de la lecture de ton commentaire, fait la jonction avec le niveau des élèves. Quant à mes fautes, je les assume et je m’engueule souvent de ne pas prendre le temps pour une relecture avant postage. D’ailleurs, il m’arrive de revenir sur d’anciens articles ou commentaires pour corrections.
          Au demeurant je me demande comment certaines (certains) blogueuses (blogueurs) font pour à la fois sélectionner et poster jusqu’à 14-16 articles par jour et lire ce qu’elles (ils) reçoivent. Avec 6 articles jours, plus lecture, c’est déjà entre 4-6 h par jour pour moi…
          Amitiés
          Michel

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