Que la conscience vous vienne, mesdames messieurs, les acheteuses acheteurs, des productions délocalisées au Bangladesh.
Les ouvriers du textile du Bangladesh, à plus de 80 % des ouvrières, trimaient pour un salaire de 65 € par mois, le même depuis 2018, dans un pays où l’inflation a atteint 35 % depuis cette date.
Pendant trois semaines, elle et ils ont fait grève, les plus courageux ont affronté la police locale.
Avec des morts et nombreux blessés. En vain.
Il voulait 190 €, on leur en a lâché 104.
Combien sont-ils ? Peut-être 3 millions. Ils gagnent de moins en moins. Cela nous concerne-t-il ? Mais pas du tout. Presque pas.
85 % des exportations du Bangladesh proviennent du textile si bon marché chez nous. Tout le monde se goinfre, à commencer par Levi’s, H&M, mais aussi Carrefour ou l’espagnol Inditex, qui possède Zara et 7.000 magasins dans le monde (1).
Il n’y a pas que l’esclavage, qui touche un nombre très élevé de personnes comme de gosses. Il y a aussi l’air.
Les 3.500 usines textiles du pays, concentrées dans les villes, dont la capitale, Dacca, sont une source de pollution massive.
Le Bangladesh est le pays le plus pollué du monde par les particules fines (2) avec une concentration dans l’air moyenne de 74 µg/m3. Moyenne, c’est-à-dire calculé sur l’ensemble du pays, plaine agricole comprise.
La norme de l’OMS et de 5 µg/m3, et si l’on pouvait y parvenir, les 165 millions de Bangladais gagneraient en moyenne près de 7 ans de vie.
En attendant, suivez ce conseil du gouvernement bangladais avisé : « éviter les activités de plein air, fermer les fenêtres, acheter un purificateur d’air » (3).
Bouffon, va.
Fabrice Nicolino Charlie hebdo 06/12/2023
- tinyurl.com/ye2ywrwt (en anglais)
- tinyurl.com/mskjjc42 (en anglais)
- tinyurl.com/yc5amb4s (en anglais)
Honteux.