Bien essayé…

… mais loupé !

Depuis le 12 juillet, 70 enseignants titulaires à la fac de lettres et de sciences hu­maines de Limoges demandent le paiement d’heures complémentaires (les heures sup des profs). La présidente, Isabelle Klock-Fontanille, s’y oppose. Scandale ! Détail : ils n’ont pas effectué ces heures…

Du 7 mars au 10 mai, la fac est bloquée par des étudiants opposés à la réforme des retraites. Aucun cours n’est dispensé. La présidente, qui refuse de faire intervenir la police, envisage de passer en distanciel. Refus du doyen, pour lequel « ce n’est pas clair d’un point de vue juridique » ; en plus, ça pourrait être interprété par les étudiants comme « une volonté de contourner leur mouvement » (France 3 Nouvelle-Aquitaine, 3/4).

Trois mois, et moi et moi et moi

Début juillet, la fac fait les comptes. Elle paie les heures de service et les primes dues au titre des responsabilités, même s’il n’y a pas eu de cours pendant trois mois pour cause de blocage. Les profs touchent la totalité de leur salaire. Mais il n’est pas question de payer les heures complémentaires (43 euros-net l’heure) non effectuées.

Sur les trois mois, certains profs avaient prévu d’en faire 5, d’autres jusqu’à 70… Face au refus de paiement, montée de fièvre chez 70 enseignants concernés. Ils signent, le 12 juillet, un recours gracieux auprès de la présidente. Ils considèrent que leur investissement pédagogique « ne s’est pas arrêté le 7 mars » et qu’ils ont « reçu la consigne d’assurer la continuité pédagogique pendant toute la période du blocage ».

Réponse d’Isabelle Klock-Fontanille : « Les cours étaient suspendus, et l’enseignement à distance rendu impossible. » Et, même si le doyen de la fac a invité les profs qui le souhaitaient à « maintenir une forme de continuité pédagogique » en utilisant une plateforme logicielle d’apprentissage, « il s’agissait d’une simple possibilité, et non d’une obligation ».

Au « Canard », la présidente précise : « On paie une fois le service rendu, c’est le Code de l’éducation. Je ne bougerai pas de ce principe-là. »

Côté syndicat, le Snesup-FSU soutient les profs frondeurs, mais du bout des lèvres. Contacté par le Palmipède, l’un d’eux répond que, « dans la mesure où [ils sont] actuellement dans une démarche de médiation avec la présidence de l’université, [ils préfèrent] ne pas faire de déclaration publique pour l’instant ». Ça pourrait compter comme une heure complémentaire ?


Article signé des initiales J. C. Le Canard enchaîné. 22/11/2023


Une réflexion sur “Bien essayé…

  1. bernarddominik 29/11/2023 / 13h50

    Combien d’heures supplémentaires non faites mais souvent payées, l’administration de l’état. La cour des comptes a parfois essayé de démêler le fait du non fait: impossible, l’administration ne pas même qui est absent qui est présent.

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