…. du « plein-emploi » façon Macron !
Une analyse signée par Jean-Christophe Le Digou.
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Après l’adoption de la loi « Plein-emploi » par le Parlement avec son cortège de mesures critiquables ou dangereuses. La création de France travail et de nouvelles règles contraignantes pour les titulaires du RSA sont validées.
Au regard des problèmes sociaux et économiques insolubles que génère un chômage de masse, on ne critiquera pas cette priorité mise en avant par E. Macron d’un « retour au plein-emploi ». Mais derrière l’affichage quel est son vrai sens dans le contexte politique actuel ?
Emmanuel Macron avait rappelé à différentes occasions, que son but était de ramener le chômage à 7 % au début de son second mandat, une première étape par rapport à l’objectif, « d’arriver au plein-emploi en 2025 ».
Les économistes définissent cette notion comme « une situation avec laquelle le nombre des places vacantes est supérieur au nombre de candidats à un emploi et où les places sont telles et localisées de telle façon que le chômage se ramène à de brefs intervalles d’attente ».
Ne resteraient que le chômage entre deux contrats de travail et celui lié à des changements de structures économiques, à l’exclusion du chômage conjoncturel lié à l’évolution de l’activité économique.
Le pays serait sur la bonne voie avec un taux de chômage qui a reculé de 9,5 % à 7,1 % en 5 ans s’accompagnant de la création de 1,3 million d’emplois. Une évolution qui s’explique par le soutien public massif aux entreprises pendant la période de la pandémie ainsi que par les ajustements opérés sur l’emploi précaire (CDD, temps partiel, intérim).
Mais ces adaptations atteignent leurs limites. Le marché du travail voit s’accumuler les difficultés. Le rebond de la croissance après le grand creux covid n’a qu’un temps de même que l’effet de l’augmentation de 650 000 à 1 million d’alternants en apprentissage. L’impact des évolutions démographiques qui ont vu le nombre d’arrivants sur le marché du travail divisé par deux sur la dernière décennie est terminé.
Le gouvernement poursuit alors sa pression sur les chômeurs en imposant un rabotage des droits et tente d’orienter la négociation sur l’emploi des seniors vers la réalisation de nouvelles économies.
En réalité le chômage existe bien au-delà du chiffre officiel. En effet, les statistiques du Ministère du Travail ne décomptent que la moitié des 6 millions de personnes à la recherche d’emplois, oubliant précaires, jeunes et exclus…
Quelles qu’en soient les fluctuations, « l’armée salariale de réserve » ne disparaît pas. Le patronat compte bien sûr elle pour continuer à peser sur les salaires et les conditions de travail. La « case chômage » demeure un moyen de pression tant brutal qu’inégalé pour faire respecter les lois de la rentabilité.
Le moment est venu de changer la donne. S’attaquer à la manière dont se crée la richesse, s’attaquer à son partage, et donc à la place du travail doivent être au cœur de la réflexion. […]
Il s’agit désormais d’organiser au travers d’une « sécurité sociale professionnelle » la garantie collective d’emploi nécessaire pour accompagner le nouveau projet de développement dont le pays a besoin.
Jean-Christophe Le Digou. Source (Extraits)
Absolument France Travail devrait être une sécurité sociale de l’emploi, centraliser les offres d’emploi, ce qui lui permettrait de cibler les formations et proposer aux employeurs le personnel recherché. Cela permettrait aussi de cibler les patrons indélicats, et peut-être aussi négocier les salaires