L’épargne populaire lésé, grandes banques favorisées

Le sort réservé aux épargnants les plus modestes résume à lui seul la politique antisociale d’Emmanuel Macron : des milliards sont détournés au profit des banques, grâce au viol du mécanisme légal d’indexation.

Tout au long de ces dernières décennies, le livret A fonctionnait dans le débat public comme un chiffon rouge : surtout à l’approche des élections, les gouvernements n’osaient pas toucher à son taux de rémunération, de peur que les épargnants modestes, qui sont aussi des électeurs, ne les sanctionnent par leur vote. Ces temps-là sont visiblement révolus.

Si le « livret A » est toujours un symbole, il fonctionne désormais de manière inversée : il est le révélateur de la politique néolibérale, très antisociale, conduite par Emmanuel Macron. Puisque au lieu de protéger l’épargne des Français les plus modestes, le livret A est devenu un outil de spoliation, qui a pour effet de détourner une partie de leurs économies au profit des grandes banques privées.

Il suffit d’observer les statistiques les plus récentes : avec un taux de rémunération porté à 3 % début février, alors que l’inflation est actuellement de 6,3 % en rythme annuel, les épargnants modestes sont très lourdement pénalisés, d’autant que ce taux de 3 % est inférieur à ce que le mécanisme d’indexation légal prévoyait.

Et une nouvelle entourloupe est en préparation pour l’été prochain.

Alors que la loi prévoit que le taux de rémunération du livret A soit révisé deux fois par an, début février et début août, de grandes manœuvres ont commencé, à l’initiative du lobby bancaire et, plus grave, du patron de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour éviter une nouvelle hausse en août prochain, alors que le mécanisme légal d’indexation devrait l’exiger.

Pour comprendre l’importance de la spoliation ainsi organisée, il faut se souvenir du système dans lequel le livret A s’insérait encore dans le courant des années 2000.

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L’arrimage Caisse d’épargne-CDC permettait d’assumer une double mission d’intérêt général : assurer la protection de l’épargne populaire, avec un taux de rémunération du livret A au moins égal à l’inflation, sinon supérieur ; et financer le logement social.

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Au fil des ans, des coups de boutoir de plus en plus violents ont été donnés pour essayer d’abattre ce système, et permettre aux grandes banques privées de mettre la main sur cette épargne qui leur échappait.

Avec la privatisation du « livret A », et le naufrage des Caisses d’épargne, c’est un des piliers du modèle social français qui s’est effondré.

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Emmanuel Macron, à partir de 2017, qui va l’écrire, une nouvelle page. Avec lui, pour la première fois, le taux de rémunération du « livret A » va s’effondrer, au point même d’atteindre un point bas à 0,5 % en février 2020, sans précédent depuis… 1818 !

Et surtout, ce taux de rémunération va durablement passer sous le niveau de l’inflation. Avec Emmanuel Macron, de gigantesques ponctions vont donc être organisées dans l’épargne des quelque 55 millions de Français qui détiennent un « livret A « .

Pour ce faire, le mécanisme d’indexation légal va sans cesse être modifié à partir de 2017, pour qu’il joue toujours contre les épargnants.

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Cette spoliation considérable n’est visiblement toujours pas suffisante, pour ses initiateurs. Puisque beaucoup sont repartis en campagne, afin de préparer un nouveau mauvais coup au creux de l’été prochain. La raison en est simple : le mécanisme d’indexation risque de pousser le taux de rémunération encore à la hausse, de 4 à 4,3 %.

Explication : l’inflation ne décélère toujours pas et les taux courts repartent à la hausse. Or, comme il s’agit des deux critères qui jouent dans la formule d’indexation, le taux du livret A devrait donc monter au 1ᵉʳ août autour de ces niveaux de 4 % ou 4,3 %.

Tous les adversaires du « livret A » se sont ainsi mis ces derniers jours en ordre de bataille pour essayer d’empêcher cette hausse. L’idée peut paraître stupéfiante, […] elle consisterait tout bonnement à ne pas appliquer la formule légale.

Rien : pas un seul centime de revalorisation !

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Laurent Mauduit. Médiapart. Source (Courts extraits)


Une réflexion sur “L’épargne populaire lésé, grandes banques favorisées

  1. bernarddominik 30/04/2023 / 17h46

    Une triste réalité Bruno Le Maire à décidé de spolier les petits épargnants pour faire grossir le bénéfice des banques. On est gouvernés par des crapules

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