… sur l’énergie.
C’est entendu, l’Allemagne est une grosse vache. Avec seulement 1,1 % de la population mondiale, elle arrive à balancer 1,9 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie.
C’est une flambeuse. Elle est le 1ᵉʳ producteur mondial de lignite – un charbon dégueulasse -, mais elle est aussi le 9ᵉ importateur mondial de charbon. Les opposants se sont fait matraquer la gueule pour protester contre la mine de lignite de Hambach, dans la Ruhr, plus grand émetteur de CO₂ en Europe. Encore faut-il ajouter que des écologistes en papier crépon font partie de la coalition au pouvoir.
Côté français, c’est la vertu. Bruno Le Maire, gueule de la vertu. On va tout « décarboner », car on est des chefs. Mais comment ? Avec le nucléaire, gros nullard. La France n’a plus qu’une chance de parvenir à ses – dérisoires engagements climatiques, c’est que l’Europe finisse par accepter une farce grandiose.
L’hydrogène, c’est vert ou non ? C’est. Un mélange d’eau et d’oxygène. Mais, pour en fabriquer, il faut une autre source de départ, et chez nous, ce ne peut être que le nucléaire. Or l’Allemagne bataille dur, en ce moment, pour interdire que l’hydrogène venu de l’atome soit considéré comme vert. Berlin, qui joue les vertueux, finance de son côté des petites unités produisant de l’hydrogène, mais à partir d’énergies renouvelables, comme le vent ou le solaire. Alors quoi ? Il faut encore prendre parti contre les chleuhs ? C’est tentant, car leur morale de pacotille ne les a pas empêchés, outre l’exploitation de leurs porcheries de lignite, de retarder la fermeture de leurs dernières centrales nucléaires. C’est tentant, mais non.
Parce que le nucléaire a, sans l’ombre d’un doute, ruiné la France – on ne peut revenir ici sur une stupéfiante gabegie d’argent public – et empêché de miser sur le solaire. Partout dans le monde, l’électricité solaire explose, se rapprochant du point où elle sera plus « rentable », comme ils disent, que n’importe quoi d’autre.
Partout, mais pas en France, où seulement 2,6 GW de panneaux solaires ont été installés en 2022, contre… 2,8 GW en 2021. Une baisse, alors que l’Allemagne en est à 8 GW et caracole en tête, avec 31,7 % de la production européenne d’électricité photovoltaïque.
Il y a un moyen de les mettre d’accord : ils se valent. La seule question qui vaille encore, c’est de trouver un moyen de diviser par deux la consommation d’énergie. Et les deux veulent continuer à l’augmenter.
Tristes cons.
Fabrice Nicolino. Charlie Hebdo. 05/04/2023