À One Ocean Summit : Ils ont parlé de tout.
- De la pêche illégale (on va renforcer la lutte).
- Du plastique qui envahit les mers (on va mettre 2 milliards).
- Des aires marines protégées (la France en est à 33 %, cocorico !
- Macron a promis qu’il allait remonter le niveau de « protection forte », lequel ne concerne pour l’instant que 2 % de ces aires dites « protégées », ce qui veut dire qu’en fait elles ne le sont guère, mais, promis-juré, ça va passer à 4 %).
- Du transport maritime (les transporteurs ont promis qu’ils allaient verdir un peu leurs pratiques).
- Du traité sur la haute mer, qui devrait voir le jour, un jour. Etc.
Bref, ce One Ocean Summit, qui s’est tenu du 9 au 11 février 2022 à Brest en présence d’une quarantaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, a été un vrai festival de promesses, de visions d’avenir et de déclarations solennelles.
C’est dit : les grands de ce monde vont être aux petits soins pour la mer, qui couvre les trois quarts de la planète. Et surtout pour les grands fonds marins.
Lesquels regorgent de nodules polymétalliques qui font saliver les industriels du monde entier. Du cobalt ! du manganèse ! du nickel ! du cuivre ! Tout ce dont ont besoin les batteries des voitures électriques, qui, c’est un ordre, vont, d’ici à 2050, remplacer les bagnoles à essence pour le plus grand bien du climat.
Certes, à plus de 3 000 mètres de profondeur, ils sont un peu compliqués à exploiter, mais une société canadienne s’apprête à y envoyer un « robot moissonneur »fort prometteur (« Le Figaro », 12/2), qui devrait marquer le début de cette nouvelle grande aventure.
L’exploitation de ces abysses marins, Macron en a fait l’une de ses priorités, lui consacrant près de 2 milliards d’euros dans le plan d’investissement France 2030. Il ne sera pas dit que notre pays, deuxième domaine maritime au monde, va laisser croupir ces trésors au fond de l’eau.
Voilà encore un demi-siècle, on croyait que, sans lumière ni oxygène, ces grandes profondeurs n’étaient que des déserts stériles. On a découvert depuis qu’elles grouillent de vie, d’espèces animales incroyables, inédites, inouïes dont nous ne connaissons rien.
En septembre 2021, lors du Congrès mondial de la nature, qui s’est tenu à Marseille à l’initiative de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), de nombreux chercheurs et ONG ont réclamé d’urgence un moratoire sur l’exploitation de ces grands fonds marins, afin de préserver ce monde encore inviolé.
Déjà, la France avait dit niet. A Marseille, rebelote : la France et la centaine de pays représentés ont tous refusé de signer ce moratoire.
Les grands fonds marins vont bientôt découvrir la vie moderne.
Article signé des initiales J.-L. P. – Le Canard enchaîné. 16/02/2022
De sacrées batailles en prévision pour les requins de tous poils…
Et oui la France coloniale a conservé quelques chapelets d’îles pour s’approprier ce trésor. On a beau nous dire que ce sont des départements, ce sont bien des colonies.
Comment ces paradis écologiques pourraient échapper à la loi du fric?
En changeant ce système….