Trump blanchi par balle

L’Homme à l’oreille coupée, le visage en sang, nouveau sauveur de l’Amérique ?

S’il n’avait pas tourné la tête à droite, Trump serait mort en martyr, le 13 juillet, sous la balle qui a juste éraflé son oreille, sur l’estrade d’un meeting en Pennsylvanie. Mais il s’est relevé en ressuscité marqué d’un stigmate. Avant d’apparaître en Messie aux yeux de ses fans à la convention républicaine de Milwaukee, le surlendemain.

Depuis, Trump se paie le luxe de jouer l’unité nationale. Il laisse les attaques à ses seconds couteaux, tel le sénateur James David Vance, qui, juste avant d’être choisi comme colistier pour la vice-présidence, a accusé la « campagne de Biden » d’avoir caricaturé l’ex-président en « fasciste autoritaire qu’il faut arrêter à tout prix » et d’être ainsi responsable du drame : « Cette rhétorique a directement conduit à la tentative d’assassinat. » Paradoxal quand on se souvient que le même Vance craignait jadis que Trump ne devienne le « Hitler de l’Amérique » ! Biden s’est senti obligé de s’excuser pour avoir appelé à « cibler » Trump juste avant l’attentat.

Or c’est bien la rhétorique incendiaire de Trump qui a déchaîné la violence politique dont il est aujourd’hui la victime en boomerang. Entre des dizaines d’exemples, son appel à marcher sur le Capitole a fait quatre morts lors de l’assaut donné le 6 janvier 2021, tandis que ses partisans cherchaient dans les couloirs son vice-président aux cris de « Pendez Mike Pence ! ».

Autre miracle politique : Trump le ressuscité a vu le ciel s’ouvrir ce 15 juillet, quand une juge de Floride a invalidé la procédure fédérale instruite à son encontre pour avoir planqué des documents « secret-défense » dans sa villa de Mar-a-Lago. Mais le procureur spécial Jack Smith a aussitôt fait appel. Magnanime d’abord pour lui-même, Trump s’est engouffré dans la brèche pour réclamer, au nom de ce « moment » exceptionnel d’unité nationale, l’« annulation de TOUTES les chasses aux sorcières ». En clair, l’abandon de toutes les poursuites judiciaires à son encontre, dont celle concernant l’assaut du Capitole…

Quid du tireur de 20 ans, qui a été abattu ? Un vilain gauchiste ? Non, un bon élève harcelé et solitaire, inscrit sur les listes électorales comme républicain, qui a emprunté à son papa libertarien l’un de ses 20 flingues, un fusil semi-automatique AR-15. Vmgt millions d’armes de ce type sont en circulation aux Etats-Unis.

La chasse à l’homme politique est loin d’être finie, dans un pays suranné où quatre présidents ont été assassinés et une dizaine d’autres ont bien failli l’être… Article signé des initiales D. F. Le Canard enchaîné. 17/07/2024

Interdire, souhaitent-ils !

Dans des pays occidentaux volontiers disposés à claironner leur attachement à la démocratie et au débat, les mesures qui réduisent le droit d’expression des partisans de la cause palestinienne se multiplient depuis octobre dernier. Parce qu’ils ont accepté la censure des opinions qu’ils réprouvaient, certains des défenseurs des libertés publiques sont silencieux.

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