Pour son premier budget, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ne respectera pas les engagements du pays auprès de la Commission européenne.
La France devait réduire son déficit public à 4,6 % du PIB en 2026, il s’établira finalement à 5%, au moins, contre 5,5% l’an dernier.
Aucune majorité politique n’a pu s’entendre pour faire mieux. Pour autant, l’apocalypse ne s’est pas produite. Les marches financiers continuent à acheter la dette française.
L’économiste Guillaume Hannezo, professeur à Normale-Sup et ancien conseiller de François Mitterrand, a une explication : « Pour l’instant, les marches accroissent seulement notre prime de risque, le taux d’intérêt sur nos emprunts. Ils continuent à nous financer, tout en serrant le nœud coulant. Comme ils ont compris n’y avait pas grand-chose à attendre d’une fin de mandat, cela peut tenir jusqu’en 2027, où nous arriverons doucement a une dette de 120 % du PIB, contre 115 % aujourd’hui ».
Cette équation va poser un problème épineux à tous les futurs candidats : comment trouver un récit politique qui leur permettra de se faire élire, tout en dépensant moins ?
Hannezo, dans une étude réalisée pour l’institut Terra Nova (« Comptes publics, en finir avec le n’importe quoi ») a comparé les programmes électoraux depuis 1981 et, à chaque élection, le coût des promesses n’a cessé de monter pour les finances publiques, avec un résultat de plus en plus décevant. Le programme choc de François Mitterrand, qui avait réduit le temps de travail, abaissé l’âge de la retraite et nationalisé les grandes entreprises, avait coûté « seulement » 2 % du PIB.
À l’époque, cela semblait gigantesque. Les marchés, déjà eux, s’étaient affolés, et le franc avait dû être dévalué. Le tout s’était terminé par un programme d’austérité brutale, mais, au moins, les Français avaient vu la différence dans leur vie quotidienne.
Les mesures prises par Emmanuel Macron — réduction de la fiscalité des plus riches ou suppression de la taxe d’habitation essentiellement — n’ont changé la vie de personne, mais elles ont plombé les comptes du pays, faute d’avoir été financées par de nouveaux impôts.
Le coût du programme Macron se révèle deux fois plus élevé que celui des réformes de Mitterrand — de 3 % à 4 % du PIB, sans qu’il en ait récolté le moindre bénéfice politique, la moindre reconnaissance des électeurs.
Claude Sola. Nl Obs. N° 3202. 29/01/2026
L’avis de B.H.
Il n’y a aucune raison de causer l’apocalypse, la France paie les intérêts de la dette, donc les banquiers sont contents, ils ont augmenté le taux, et tondent tranquillement les français, et nos politiques montrent une fois de plus leur incompétence.
La charge de la dette aura doublé sous Macron, devenant le premier budget de l’État.
Mais tout va bien, on dépense toujours plus.
Après nous le déluge !