Lâchez-nous l’identité
L’identité nationale aura été la grande affaire de Nicolas Sarkozy, la diversité est celle d’Emmanuel Macron. Opposition absolue des valeurs ou rivalité mimétique dans l’idée fixe de penser notre rapport à la nation ? L’idée présidentielle de créer un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas répond en fait à celle du ministère de « Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale » de 2007. Il s’agit de faire croire qu’il n’existe plus de bases solides pour définir la collectivité nationale, donc qu’il faut en trouver d’autres.
Si nul ne peut nier que « faire nation » et « faire peuple » sont des questions qui se posent différemment aujourd’hui que dans les années 1960 par exemple, nous avons des bases solides pour dire ce que signifie être français. Sans doute faut-il s’interroger sur la pertinence de changer de logiciel. Il fallait s’élever contre l’idée du demiurge Patrick Buisson de réduire notre passé et notre avenir aux valeurs judéo-chrétiennes et au « long manteau de cathédrales » recouvrant le pays.
Il faut pareillement éviter de concrétiser, par un nouveau « comité Théodule », l’idée d’une nation devenue une juxtaposition de communautés et de diasporas. D’une part parce qu’être français est déjà déterminé par notre Constitution, le Code de la nationalité française et les lois laïques. Ensuite parce que, si le chef de l’État demandait leur avis aux citoyens, qu’il veut voir mieux représentés, il s’en trouverait sans doute une majorité, à laquelle j’appartiens, qui ne veut rien changer.
Exemple personnel : étant juif, je fais partie d’une diaspora qui débute au Ier siècle de l’ère vulgaire. Mais concrètement, je ne suis pas un Israélien de l’étranger, je n’ai que la nationalité française, et ma généalogie prouvée, par la grâce des registres de paroisses bretonnes, remonte à 1602, et celle de mon épouse, en Alsace, à la même époque. J’ai ma part de « diversité », mais je souhaite la cantonner à mon espace privé. Je ne veux pas être représenté par quelque instance que ce soit qui instillerait l’idée que je ne suis pas pleinement, totalement, seulement français. Éléments supplémentaires : je suis au quart italien et aux trois quarts breton. Avec ce haut-commissariat à maitre, que vais-je devenir ? Un puzzle ?
L’incarnation glorieuse de la modernité suprême du métissage, horizon obligé de la mondialisation ? Non, merci.
La diversité, présentée comme une nouveauté, est en réalité une évidence historique de longue date. Nous sommes un peuple de Celtes, de Germains, de Romains. Puis d’Italiens et d’Espagnols, de Flamands et de Polonais, d’Arméniens, de Russes, de Juifs, de Berbères et d’Arabes, et que sais-je encore ?
L’assimilation de tous ces agrégats s’est faite, en dépit de heurts parfois violents et d’une xénophobie qui n’épargnait aucun groupe, européen, blanc et catholique.
L’antisémitisme génocidaire n’a jamais empêché l’intégration des Juifs, pas davantage que les discriminations touchant nos compatriotes domiens, tsiganes ou originaires de notre ancien empire colonial ne les amènent à rejeter la France. C’est contre ces discriminations qu’il faut lutter, par le rappel des principes républicains et en s’opposant avec les rigueurs de la loi à tous les séparatistes, les religieux et les ethnicistes.
Philippe Muray écrivait qu’à force d’imposer la force partout, elle n’est plus nulle part. De même, la diversité, lorsqu’elle devient une injonction permanente, n’est plus ni un apport ni une fenêtre sur l’universel. Elle devient un fardeau, provoquant des réactions en chaîne dont les « communautés » seront les premières victimes.
Jean-Yves Camus. Charlie Hebdo 21/01/2026
L’avis de RBLAPLUME
Je crois que certaines et certains ne sont pas nées dans ce pays. Il n’empêche qu’ils se pensent parfaitement Françaises et Français.
L’histoire longue de ce pays montre que notre pays est le fruit d’une alchimie particulière de différentes personnes d’origines géographiques et humaines.
L’École, la culture, le modèle social, la sphère politique, les structures économiques et le rôle de l’État se doivent d’instruire cette maturation des cœurs et des esprits pour faire de notre France des Droits de L’Homme et du Citoyen une référence, et non pas un modèle, pour bien des pays du monde.
Encore un haut commissariat, on en a plusieurs milliers qui ne servent à rien sinon placer les copains des présidents et ministres.
Il faut en finir avec cette politique d’épandage des moyens de l’état
Notre « nationalité, juste le fait du hasard de notre naissance.