Ils ont juré avoir sa peau…

France Télévisions dans l’obligation de réduire la voilure et poursuivre sa casse. La majorité droitière de l’assemblée puis la commission de contrôle de l’audiovisuel, ne cessent de vouloir la peau du service public.

Pour faire des économies, l’entreprise publique a prévu de réduire son enveloppe dédiée à la fiction aux droits de retransmission des compétitions sportives diffusées sur les chaînes du groupe.

Les investissements de France Télévisions se réduisent comme peau de chagrin. Depuis plusieurs mois, le gouvernement menace d’amputer le groupe audiovisuel pour faire des économies. Comme le craignaient le personnel de l’établissement, certaines commandes et des tournages sont suspendus, à commencer par la collection de polars Meurtres à…, et les séries événementielles.

D’après les Échos, il s’agirait de mesures temporaires.

Temporaire pour un retour à la normale ou pour réaliser d’autres coupes drastiques ? Au vu de la situation de l’audiovisuel public, maltraité de toutes parts, la situation ne risque guère de s’améliorer.

Depuis plus de dix ans, les Meurtres à… rencontrent un grand succès.
Pour cause : ces enquêtes se déroulent dans une ville de France autour d’un événement ou d’une légende locale. Le programme crée de l’emploi en régions et donne du travail aux petites maisons de production. Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions, abat donc ce qui fonctionne. Au revoir la fiction, qui assure les meilleures audiences au groupe audiovisuel ?

Le sport en voie de disparition ?

Depuis le début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, les budgets alloués à l’audiovisuel public ont rétréci.

Pour rappel, selon la Cour des comptes, France Télévisions a vu ses ressources baisser de 161 millions d’euros entre 2018 et 2022. Les effectifs ont été réduits de 2 % de 2017 à 2024. Le groupe public doit trouver 150 millions pour équilibrer ses comptes.

Afin de réaliser des économies, des réalisateurs commencent à mettre certains de leurs projets en pause, entraînant les rediffusions de programmes. De nombreuses boîtes de production pourraient se retrouver au chômage. À ce rythme, les Français risquent d’être privés d’une soirée de fiction par semaine.


Margot Bonnéry

Dans « Le temps », P. Ackermann écrit :

Les dérives d’une commission sur l’audiovisuel public illustrent la violente guerre médiatique française

Le président de la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public a suspendu les convocations pour retrouver l’apaisement après des auditions instrumentalisées par les médias d’extrême droite.

La guerre médiatique française entre la sphère du milliardaire ultra-conservateur Vincent Bolloré et le service public a contaminé l’Assemblée nationale. À tel point qu’une commission d’enquête sur l’audiovisuel public doit suspendre ses travaux. Ses échos avaient trop dérivé. Retour sur une explosion en vol qui en dit beaucoup de ce débat devenu l’un des plus polarisés du pays.

Extrait de texte en accès libre.


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