Le Brésil, ayant reçu la COP30, doit se justifier de la lutte contre la déforestation et sa dépendance au pétrole.
Dix ans après l’accord de Paris, le pays hôte de la COP30 présente un bilan environnemental mitigé. En janvier 2023, le président Lula a promis de faire du Brésil un leader dans la lutte contre la crise climatique, visant zéro déforestation en Amazonie d’ici 2030 et zéro émission de gaz à effet de serre d’ici 2050. En 2024, une réduction notable des émissions a été observée, mais des ONG brésiliennes ont engagé des actions en justice contre le gouvernement pour son soutien à l’extension de la production pétrolière. Bien que le Brésil soit un acteur clé de la transition énergétique, son bilan climatique reste contradictoire.
Une lutte en pointillé contre la déforestation
La forêt brésilienne, couvrant 60% du pays, disparaît à un rythme alarmant à cause de la déforestation, de l’urbanisation et de l’agriculture intensive, représentant la principale source d’émissions de gaz à effet de serre. Les efforts passés de Lula ont réduit la déforestation en Amazonie, mais l’élection de Bolsonaro a inversé cette tendance. Depuis 2023, Lula a relancé des mesures de contrôle, réduisant la déforestation de 40%, mais il fait face à des défis institutionnels et politiques qui peuvent compromettre ses objectifs climatiques. Le gouvernement doit trouver un équilibre entre la lutte contre la déforestation et les pressions économiques.
Entre énergies fossiles et « économie verte »
D’ici 2035, le Brésil prévoit de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 59% à 67% par rapport à 2005, mais ses besoins énergétiques augmentent. La majorité de son mix énergétique provient des énergies renouvelables, grâce à des investissements dans les centrales hydroélectriques et les biocarburants depuis les années 1960. Cependant, le pays, en tant que deuxième producteur de bioéthanol, dépend toujours des revenus pétroliers pour financer les énergies propres. Après l’adoption d’une loi sur « les carburants du futur », le gouvernement a permis à Petrobras d’explorer de nouveaux champs pétroliers, suscitant des réactions négatives des communautés autochtones et des scientifiques. Lula justifie ces actions par des arguments sociaux et économiques, soulignant que le Brésil continuera à exploiter ses ressources tant qu’il n’atteindra pas le niveau de vie européen, à moins que des compensations ne soient apportées par les Européens et Américains.
À l’occasion de la COP30, Lula entend convaincre le Nord global de mettre la main à la poche, convaincu que la protection de la nature rapporte davantage que sa destruction. C’est même tout le sens du mécanisme Facilité de financement des forêts tropicales (Nouvelle fenêtre), qu’il a lancé jeudi en préambule du sommet. Mais en attendant l’avènement de ce monde régi par ce concept qui lui est cher — appelé « bioéconomie » ou « économie verte » —, le chef d’État assume de mener des politiques contradictoires. Et pour cause : elles répondent aux impossibles injonctions d’un monde qui, d’un côté, dépend des services rendus par les écosystèmes brésiliens et, de l’autre, continue d’en consommer les matières premières, contribuant à leur vertigineux déclin. À ce titre, on peut considérer que le bilan en demi-teinte du Brésil dix ans après l’accord de Paris est aussi un peu le nôtre.
Marie-Adélaïde Scigacz, Camille Adaoust. France Télévisions -10/11/2025 – Source (Synthèse)
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Lulla voudrait le beurre et l’argent du beurre. Or le déplacement de la richesse de l’Europe vers l’Asie à changé la donne. L’Asie avec sa surpopulation avide de consommation n’est pas prête à financer les rêves de Lulla. Quant à l’Europe elle s’enfonce dans la desindustrialisation et l’appauvrissement des classes populaires.