Info sur le climat.

La plus grande arnaque de l’Histoire.

Dix ans après la signature de l’accord de Paris sur le climat, c’est en ces termes que le président des États-Unis a qualifié le changement climatique. Les énergies renouvelables ? Une « blague ». L’empreinte carbone ? « Une supercherie inventée par des gens aux intentions malveillantes. » Le charbon ? « Propre et magnifique. » Donald Trump a profité de son passage à la tribune de l’ONU, le 23 septembre dernier, pour balayer des décennies de recherches et de conclusions scientifiques qui font pourtant aujourd’hui consensus.

« Le président Trump et son administration continuent à cracher des mensonges et de la désinformation sur la science climatique et les bénéfices écrasants des énergies propres, faisant gravement du tort au peuple américain », a commenté auprès de l’AFP Rachel Cleetus, de l’association Union of Concerned Scientists. « Le changement climatique est là, il coûte cher et les gens ont besoin de vraies solutions, pas de propagande destinée à gonfler les profits des pollueurs du secteur des énergies fossiles. »

Que le chef d’État américain, climatosceptique notoire, défende les intérêts de l’industrie du pétrole, du gaz et du charbon — qui a versé des millions de dollars pour sa réélection en 2024 n’est hélas pas très surprenant. Mais que des campagnes de désinformation coordonnées façonnent des récits erronés et ralentissent l’action en faveur du climat au niveau mondial, l’est davantage. C’est le constat inquiétant dressé, en juin dernier, par le Panel international sur l’information et l’environnement (Ipie).

Cette organisation indépendante a rassemblé les travaux de centaines de chercheurs ces dix dernières années pour rédiger le tout premier rapport scientifique sur la désinformation climatique. « Des informations inexactes et peu fiables sur la nature du changement climatique sont largement diffusée auprès du public et des décideurs politiques, ce qui entrave et retarde l’action en faveur du climat », peut-on lire dans cette synthèse.

Semer le trouble

Les auteurs y affirment que « des acteurs puissants – y compris des partis politiques, des gouvernements et des entreprises – diffusent intentionnellement des récits inexacts ou trompeurs sur le changement climatique d’origine anthropique. Ces récits circulent sur les canaux de communication numériques, audiovisuels et interpersonnels. »

En clair : à la crise climatique s’ajoute une autre crise, celle de la désinformation. Il ne s’agit plus de nier le changement climatique, mais d’en relativiser les effets, de contester la part de responsabilité humaine ou encore de décrédibiliser les solutions. Les effets sont dévastateurs.

En ciblant et semant le trouble chez les décideurs, Ces discours rendent plus difficile l’élaboration et la mise en œuvre de politiques robustes en matière de transition écologique. En sabotant la compréhension qu’a le public de la réalité scientifique et des vrais enjeux, ils fragilisent la mobilisation citoyenne.

Qui sont les responsables ?

Dans son rapport, l’Ipie en a identifié un certain nombre : les entreprises de combustibles fossiles et autres industries qui minimisent leur responsabilité ou font du « greenwashing » ; les mouvements populistes de droite et d’extrême droite ; les alliances entre acteurs politiques et économiques, think thank conservateurs, lobbies… En France, des ONG ont tiré la sonnette d’alarme sur cette « menace croissante ».

Dans une étude publiée en avril Quota Climat, Data for Good et Science Feed-back avaient dévoilé le rôle des médias audiovisuels français dans la propagation de fausses informations. Grâce à un outil basé sur l’intelligence artificielle, ces associations avaient détecté, sur les trois premiers mois de l’année, 128 cas de désinformation climatique. « Contrairement aux idées reçues cantonnant la désinformation aux réseaux sociaux, les médias traditionnels sont désormais fortement exposés à la désinformation climatique », expliquent les ONG.

Un risque jugé « important » notamment parce que « les programmes d’information dans les médias traditionnels ont encore la confiance des téléspectateurs et auditeurs, risquant de normaliser les narratifs fallacieux, troublant la frontière entre faits et opinion, et mettant à risque notre socle démocratique ».

Bien identifiée par l’ONU comme un risque majeur, la question de la désinformation a été incluse, pour la première fois, dans le programme d’action de la COP30, la conférence annuelle sur les changements climatiques, qui aura lieu du 10 au 21 novembre au Brésil. Car dorénavant, agir pour le climat passe aussi par la lutte pour l’intégrité de l’information.


Article signé des initiales E.B. Supplément Dauphiné – 15/10/2025


2 réflexions sur “Info sur le climat.

  1. raannemari 21/10/2025 / 12h34

    Les COP, un grand Barnum, augmentant encore les gaz à effet de serre et résultant sur un grand rien. Un cirque médiatique ridicule.

  2. bernarddominik 21/10/2025 / 17h39

    Le changement climatique est certain, mais les effets du CO2 sont mal connus, si ce n’est qu’il est indispensable pour la végétation. Et puis les uns disent qu’il va entraîner un refroidissement de l’Europe d’autres un réchauffement. Mais on explique mal certains paradoxes comme la répartition des pluies.

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