Minoritaire et temporaire locataire

… même si cela fait beaucoup pour un seul homme, il est toujours là et s’accroche a son fauteuil, booster par « la finance » afin d’améliorer les revenus des actionnaires et n’hesitant nullement a détruire la démocratie pour arriver a ces fins. MC.

Il s’est engagé ces dernières années pour les libertés et contre les discriminations. Lors des législatives de 2024, il a appelé à « unir les républicains » contre l’extrême droite, mentionnant des nuances dans le front républicain.

Un an plus tard, Jacques Toubon critique les responsables politiques pour leur quête de pouvoir au lieu de partage, avertissant que l’extrême droite progresse en raison de l’inefficacité du système politique.

  • Mediapart : Des mobilisations sociales, deux chutes de gouvernement en moins d’un an, un nouveau premier ministre qui n’a toujours pas composé le sien ni donné de ligne directrice… Certains parlent de crise politique, d’autres de crise de régime. Comment décririez-vous la situation actuelle ?

Jacques Toubon : Le pays fonctionne sans gouvernement ni majorité à l’Assemblée nationale, remettant en question la capacité des politiciens français à agir différemment après des décennies de majorité absolue.

  • Vous continuez donc de défendre le régime de la Cinquième ?

Le président de la République nomme un premier ministre capable de former une majorité relative, et il n’est pas nécessaire d’avoir une majorité absolue. La situation actuelle demande une réflexion sans solutions simplistes, et il est important de faire fonctionner le système autrement plutôt que de revenir à d’anciens régimes ou de bricoler des institutions.

  • Sauf que ça ne fonctionne pas…

Les responsables politiques refusent de négocier avec l’opposition, ce qui bloque la situation. Emmanuel Macron a accentué le conflit entre le pouvoir présidentiel et les élections parlementaires, rendant l’instabilité insupportable.

  • Les personnalités politiques se renvoient toutes la responsabilité de cette situation de blocage. À qui l’imputez-vous ?

La responsabilité politique est collective, mais le président Emmanuel Macron ne parvient pas à former une majorité relative, agissant comme un président majoritaire malgré son statut d’élu minoritaire.

  • Il est beaucoup question de dissolution en ce moment, d’autres évoquent – parfois même réclament – une démission du président de la République. Ces perspectives vous semblent-elles inéluctables, voire souhaitables ?

Je n’ai aucune position a priori sur la dissolution, elle sera peut-être nécessaire, mais avec le risque qu’on se trouve avec un Rassemblement national totalement incontournable…

  • Si la question des institutions se pose, c’est aussi en raison du décalage, de plus en plus frappant, entre la prise de décisions et les aspirations citoyennes…

On vit comme si la politique n’avait aucune influence sur le quotidien, et c’est assez inquiétant.

  • Parlons de la droite justement, votre ancienne famille politique, aujourd’hui dirigée par des personnalités qui multiplient les appels du pied à l’extrême droite. Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce que votre génération a raté pour que votre héritage en soit réduit à cela ?

Nous avons probablement une responsabilité, mais nous ne sommes pas les seuls. Les partis sont aujourd’hui tellement faibles qu’ils tentent de se renforcer en allant sur le terrain de ceux qui leur paraissent un peu plus forts.

  • Vous diriez-vous encore de droite ?

Je ne sais pas. Je ne me définis pas comme ça, je ne l’ai jamais fait d’ailleurs. Quand j’ai commencé à la fin des années 1990 à m’occuper des questions d’immigration par exemple, c’était très clairement une démarche hétérodoxe. La droite disait simplement « on ne veut pas de migrants », ce qui est absurde puisque toute société, toute nation, est composite. Donc la seule question à se poser c’est : comment fait-on avec l’immigration ?

  • Vous avez été défenseur des droits entre 2014 et 2020. Comment expliquez-vous que votre travail ait eu aussi peu de débouchés politiques ? Avez-vous eu le sentiment de crier dans le désert ?

En tant que défenseur des droits, j’ai participé à des décisions importantes, notamment sur les droits des étrangers. Ce poste exige indépendance et connaissance du droit. Mon choix de succession m’a surpris, laissant penser que le président ne voulait pas être dérangé.

  • Fin juin, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné pour la première fois la France pour contrôle d’identité discriminatoire. Quelle a été votre réaction ? Comment expliquez-vous que le sujet n’ait jamais été sérieusement traité par les gouvernements ?

La décision est satisfaisante car malgré les efforts pour légiférer sur le contrôle au faciès, les gouvernements évitent de le faire pour des raisons politiques. La justice intervient donc, avec les tribunaux qui prennent des décisions et la jurisprudence remplaçant les lois manquantes.

Pourtant, on constate une montée en puissance de l’extrême droite et de ses idées, notamment dans les urnes.

L’opinion publique est contradictoire, ce qui oblige les gouvernants à consulter les citoyens sur leurs propositions. L’extrême droite progresse en raison de l’inefficacité du système politique actuel. Le front républicain est encore actif, et la majorité des Français s’oppose à l’extrême droite au pouvoir.


D’après un article Ellen Salvi. Médiapart, (extraits-résumé) prière de voir l’original


Une réflexion sur “Minoritaire et temporaire locataire

  1. bernarddominik 24/09/2025 / 17h28

    Macron s’accroche au pouvoir alors qu’il n’a plus de majorité. C’est une remise en cause de la démocratie. Il aurait du nommer un premier ministre soit NFP soit RN et accepter la cohabitation c’est à dire s’effacer derrière le gouvernement et inaugurer les chrysanthèmes. Devant ce cas de figure le parlement aurait du voter à destitution: il doit se soumettre ou se démettre.

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