La France toujours pas convaincue…

… par l’accord avec le Mercosur.

Malgré des avancées, la France n’est pas encore prête à signer l’accord avec le Mercosur. Les commissaires européens ont validé mercredi le texte, assorti d’une « clause de sauvegarde renforcée » pour les « produits agricoles les plus sensibles », qui pourra être activée à la de­mande d’un ou de plusieurs États membres. Cette mesure, destinée à « rassurer les agriculteurs », est une concession faite à la France, qui mène depuis des mois la fronde contre ce traité de libre-échange, qui créerait « la plus grande zone de libre-échange au monde avec 700 millions de consommateurs » de part et d’autre de l’Atlantique.

L’Union européenne écoulerait davantage de voitures, de machines, de vins et de spiritueux en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay, à l’heure où les marchés se ferment aux États-Unis et en Chine. En échange, elle réduirait ses tarifs douaniers sur 99 000 tonnes de viande bovine, 180 000 tonnes de volailles ou encore 190 000 tonnes de sucre en provenance.

d’Amérique latine. « Si nous constatons une perturbation ou une volatilité soudaine du marché, c’est-à-dire une augmentation de 10 % des importations ou une diminution de 10 % des prix, nous prendrons des mesures dans un délai maximal de 21 jours », a détaillé MarnS Sefèovie », commissaire européen au Commerce. Les clauses de sauvegarde peuvent prendre la forme d’une diminution de quota ou d’une augmentation de tarif.

Réserves fraiwaises

À Paris, on se félicite que « l’Union européenne ait entendu les réserves françaises », mais le gouvernement promet d’étudier avec attention les conditions d’application de la clause de sauvegarde. « Il faut que ces garanties nouvelles soient pleinement opérationnelles, applicables sur le terrain. Il faut également qu’elles soient accompagnées de mesures miroir et d’un véritable renforcement des contrôles sanitaires et phytosanitaires pour que les produits importés respectent nos normes », prévient Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.

« Cet accord reste toxique, incompréhensible et dangereux pour les agriculteurs français », dénoncent de leur côté la FNSEA, premier syndicat agricole français, et les Jeunes agriculteurs (IA). Ils appellent le président Emmanuel Macron à « assumer ses responsabilités » et à « exprimer publiquement son opposition ferme et claire à cet accord avec les actions politiques qu’il compte mettre en œuvre pour le bloquer ». Pour entrer en vigueur, l’accord commercial doit à présent être ratifié par les États membres et le Parlement européen.

Pour faire barrage, la France doit réunir une minorité de blocage, soit au moins quatre États représentant plus de 35 % de la population européenne. Mais elle devra faire vite, car la Commission européenne souhaite adopter le texte avant la fin de l’année, pendant que le Brésil occupe la présidence tournante du Mercosur.


Charlotte Murat. Le Dauphiné 04/09/2025


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